Le sombre portrait du docteur

Un homme sans émotion, derrière un sourire de façade. Le portrait du principal accusé dépeint par les psys est bien sombre.

La tension monte. Les réactions sont de plus en plus acerbes, de plus en plus vives. On sent que le procès d'assises du docteur Letiexhe et de Marie Vossen touche à sa fin...

Hier en début d'après-midi, même le président de la cour d'assises, le conseiller Robert Gérard, pourtant très placide depuis le début des débats, était quelque peu courroucé. Les avocats de Marie Vossen encore plus. La raison ? Un témoin, cité par la défense de Michel Letiexhe, le psychiatre Fernand Goffioul qui tirait à boulets rouges sur la coaccusée... sans l'avoir jamais vu.

Marie Vossen était en pleurs en entendant le tableau qui était fait d'elle sur simple lecture des rapports des experts mandatés par la juge d'instruction et des propos recueillis auprès de Michel Letiexhe. « Les scénarii concernant les deux tantes (NDLR : les victimes) sont imprégnés d'instinct de puissance dans une relation sadomasochiste », déclare le témoin. En contradiction totale avec ce que les experts venaient de dire. Et eux, ils ont vu les coaccusés durant de nombreuses heures.

« Ces scénarii ne cadrent pas avec le fonctionnement psycho-sexuel de Marie Vossen,

a relevé la psychologue Fabienne Glowacz. L'accusée cherchait de la tendresse, elle n'était pas en quête de puissance ou de pouvoir. Ces jeux de rôle, c'est une invention de Michel Letiexhe. »Grâce aux rapports des experts, on a enfin une réponse sur l'attitude de Michel Letiexhe depuis le début de ce procès. Me Mayence le rappelait d'ailleurs lundi à un témoin. « Il est derrière moi. Il est serein. Je le dis, c'est irritant. » Un médecin avait parlé de ce sourire énigmatique dans son témoignage. « C'est un sourire de façade, Michel Letiexhe est coopérant mais hypercontrôlé, et il ne laisse transparaître aucune émotion », dit la psychologue.

Un gardien de la prison de Lantin confirme : Letiexhe est un détenu modèle, un homme de confiance qui s'est occupé de la bibliothèque et gère aujourd'hui le bar. Un « homme de confiance » mais, « je ne l'ai jamais vu pleurer. C'est un homme qui ne manifeste pas ses émotions ».

Le bourgmestre de Spa lui en connaît pourtant des émotions : « c'est un homme bon et chaleureux. Il reste un ami . Je ne l'ai pas cru capable de commettre de tels faits », a-t-il témoigné concernant l'accusé qu'il a fréquenté au Rotary Club. Un rare témoignage qui met un peu d'humanité chez une personnalité que les psychiatres ont, hier, dépeint comme bien sombre.J.J.

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