Fourniret et Olivier racontent la fin d'Elisabeth

REPORTAGE EN DIRECT DE NOTRE ENVOYE SPECIAL | La cour d'assises des Ardennes vient de regarder les extraits vidéos de divers interrogatoires réalisés par l'enquêteur André Carpentier après les aveux du couple meurtrier en juin 2004.

Fourniret et Olivier racontent la fin d'Elisabeth
98121 ©(photo Belga)

Le chef de la cellule Brichet, André Carpentier, a exposé à la cour le récit de ses interrogatoires successifs avec Monique Olivier et Michel Fourniret.

Des échanges dans lesquels, les deux accusés livrent leur version des faits. Des propos parfois très douloureux à entendre.

André Carpentier a commencé avec les extraits vidéos relatifs à Monique Olivier. Dans ce premier extrait, on retrouve le visage aux cheveux noirs et gras d'Olivier, au moment de son inculpation. Elle revient d'abord sur les circonstances de l'enlèvement, cachant au départ la présence de leur fils Sélim.

Puis au moment où André Carpentier lui demande de qualifier son rôle dans l'affaire Brichet, de son enlèvement à sa mort, elle répond: "Complice. Je suis une complice forcée. Il m'a fait peur en me disant que puisque j'avais participé à l'enlèvement, j'étais liée et que je serais accusée des mêmes faits que lui. Il m'a piégée".

Monique Olivier explique encore que la petite Elisabeth pleure et implore durant le trajet. "Madame aidez-moi", dit-elle. Et Monique Olivier de dire: "Je ne suis pas intervenue. Cela me faisait mal mais j'avais peur de lui".

Cet après-midi, la juge d'instruction Anne-Catherine Dubé devrait revenir sur un épisode concernant Olivier. Un épisode qui semble lourd de conséquence d'après Maître Arnould, le conseil de Marie-Noëlle Bouzet, qui lisant un extrait du procès verbal, a rappelé: "On ne va pas passer la frontière avec elle. Je vais la laisser ici dans un coin. Je vous reconduis et je viens la rechercher après. Et là Monique me dit, et je suis surpris, "Non, on y va". Elle a influencé ma décision. J'ai suivi son conseil".

Fourniret pleure

André Carpentier a ensuite ouvert le volet Michel Fourniret en montrant plusieurs extraits des interrogatoires de Michel Fourniret. L'homme y explique, froidement, le déroulement de l'après-midi du 20 décembre 1989. Il explique "le processus" comme il dit. "J'ai repéré une silhouette. Elle est rentrée dans une maison [...] J'ai cherché un croisement pour opérer un demi-tour et me garer près de l'habitation. J'ai attendu [...] et regardé les rideaux bougé comme si on jouait à un jeu".

Plus tard. "Elle est sortie. Nous lui avons demandé de l'aide pour le bébé. Elle ne connaissait que son médecin de famille et son dévouement l'a poussée à monter à bord".

Une seule fois Fourniret craque. Pas quand on évoque l'une ou l'autre des horribles étapes menant à la mort d'Elisabeth mais quand il évoque sa soeur Marie. Là, l'ogre des Ardennes s'effondre devant l'enquêteur. Il s'essuie les yeux avec un mouchoir.

Ensuite, l'enquêteur revient sur les dernières heures et Fourniret explique: "Elle opposait une résistance. Elle établissait une distance. Il fallait mettre fin. J'ai cherché des yeux un moyen de la faire taire. J'ai vu un sac".

"Et une fois morte, qu'avez-vous fait d'Elisabeth? Vous la laissez là"

"Non, j'ai du la couvrir... au moins pour la cacher à ma vue. Ensuite, je l'ai mise dans le congélateur"

A Charleville-Mézières,
Olivier Deheneffe

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