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Le marronnier de la mobilité interrégionale des demandeurs d’emploi

Il y a déjà comme un parfum d’élections qui flotte dans l’air. Et comme à chaque élection, la question d’un meilleur fonctionnement du marché de l’emploi resurgit.

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Personnes attendant sur le quai pour prendre le métro
©Federgon

Et l’on voit revenir, comme un marronnier [1], le thème de la mobilité interrégionale des demandeurs d’emploi. Travailler dans les régions limitrophes et, en particulier, en Flandre, semble alors une évidence.

Que faut-il en penser ?

Oui, il y a du boulot à prendre et, particulièrement, en Flandre

La Flandre connaît un marché de l’emploi et du travail plus dynamique. Le taux de chômage y est largement inférieur et, à défaut de grives, les employeurs flamands recruteraient volontiers des merles, francophones. C’est vrai.

Il n’est pas forcément besoin de connaître le néerlandais. De moins en moins, d’ailleurs. Même si l’apprentissage de la langue reste utile pour des raisons de sécurité et d’intégration. Mais ce qui est vrai en Flandre, l’est autant lorsque l’on se rend dans un pays étranger pour les vacances. Ni plus, ni moins. Tout vient avec le temps.

Il y a plus de travail à saisir en Flandre et les salaires y sont souvent plus élevés. Profitons-en.

Pour autant, agiter le mantra de la mobilité interrégionale requiert un peu plus de finesse que ce que l’on entend souvent.

Mobilité interrégionale, ou quand le régionalisme montre ses limites

La Flandre s’illusionne quand elle pense pouvoir combler ses métiers en pénurie ou ses fonctions critiques par des travailleurs wallons ou bruxellois. Hélas, trois fois hélas, ces pénuries ou fonctions critiques sont identiques du côté francophone. Les Francophones disposant de ces compétences sont déjà au travail, le plus souvent, bien entendu, dans leur propre région.

La régionalisation des transports publics a prévu, presque logiquement, que les transports en commun flamands roulent en Flandre, comme les autres, chez eux aussi. Ce faisant, il est souvent difficile de rejoindre une zone industrielle située dans une autre région par les transports en commun.

Enfin, la mobilité physique est souvent étroitement liée à la durée de chômage. Comme si, à mesure que la durée du chômage s’allongeait, la capacité à imaginer et accepter de se mouvoir physiquement se réduisait. Nos Services publics de l’Emploi, comme nos entreprises de placement, devraient y être bien plus attentifs.

Tu veux ou tu ne veux pas

En conclusion, les incantations politiques générales ne peuvent pas être suivies de résultats sans prendre en compte ces diverses dimensions.

Pour autant, il est dommage de ne pas prendre les places qui sont à prendre. Dès lors, seul un management résolument volontaire, dynamique et très assertif, en bref, une activation réelle, est en mesure de convaincre les employeurs flamands d’une part, et les demandeurs d’emplois wallons et chercheurs d’emploi bruxellois d’autre part, de franchir cette frontière très imaginaire. Le travail des Services publics de l’Emploi est à ce titre insuffisant quand on l’examine dans la durée.

S’il y a eu des bureaux communs, des échanges, des groupes de travail, des réunions, etc., il faut reconnaître qu’il y a plus de monde pour discuter que pour faire le matching et mettre en œuvre ce qui doit l’être (plan de mobilité, formation en langues accélérée, etc.).

Il y a dans le chef de chacun, une nonchalance coupable à ne pas donner le maximum alors que les offres d’emploi sont à portée de main.

Arnaud le Grelle

Directeur régional Federgon

[1] En termes journalistiques, un marronnier est un sujet qui revient régulièrement, comme rythmé par les saisons.

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