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À Bruxelles, tout augmente, même les titres-services

Un arrêté du Gouvernement bruxellois du 17 novembre dernier confirme l’augmentation du prix d’achat des titres-services au 1er janvier prochain.

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personne qui nettoie
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Que faut-il en penser ?

Du bien

Curieusement, le prix du titre est inchangé depuis… 2014 ! Voilà bien un des rares prix à n’avoir pas bougé en Belgique. Mais aux dépens de qui ?

Il était normal qu’il soit, enfin, revu.

Le prix du titre ne représente pas le salaire de l’aide-ménagère mais une partie seulement de celui-ci et de la rémunération de l’entreprise agréée qui l’emploie. En effet, pour chaque chèque remis à l’aide-ménagère, la Région ajoute, en arrondissant, deux fois cette somme pour couvrir la totalité du coût de cette heure de travail. Illustration cinglante du coût du travail, même peu qualifié, en Belgique. C’est bien la raison pour laquelle, sans cette participation publique, il n’y aurait pas d’aide-ménagère (déclarée).

Si le prix du chèque n’est pas indexé comme nombre de prix, cela a pour effet d’en laisser le choix à la libre décision du ministre en charge et du Gouvernement. Une décision toujours difficile et impopulaire qui demande bien du courage. On peut donc saluer le geste du ministre Clerfayt qui n’a pas hésité à seriner depuis longtemps qu’en ne tenant compte que de l’inflation, le prix réel du chèque serait de 12 €, voire encore plus, en raison de l’emballement du phénomène inflationniste.

Le prix passe donc de 9 à 10 € pour les 300 premiers titres achetés et à 12 € pour les chèques achetés au-delà, jusqu’au plafond de 500 chèques.

Ce faisant, on pourrait penser que le Gouvernement reconnaît que les coûts de la Région, mais aussi des entreprises augmentent : salaires, frais d’électricité (des centrales de repassage), frais de transport (des aides-ménagères et de tout le personnel), etc.

Et pourtant…

Du mal

Si la Région finance l’essentiel du dispositif, elle a décidé que l’augmentation du prix ne bénéficierait pas à l’entreprise (et donc partiellement à l’aide-ménagère) mais… à la Région et à elle seule ! L’augmentation vient rembourser la Région d’une partie de son investissement dans ce système. Ceci évite de noircir encore les comptes régionaux mais est une véritable gifle pour les entreprises dont nul ne peut nier l’explosion des coûts (de personnel, de maladie, d’énergie et de transport). Il aurait été raisonnable de prévoir un partage de ces montants entre la Région et les entreprises. Celles-ci réalisent en quelque sorte une mission de service public puisqu’elles ne sont pas libres de leur prix (hormis la facturation de frais complémentaires) et s’occupent uniquement de (re) mise au travail de personnes à moindres qualifications qui, sans ce système, resteraient en marge… du système. Mais voilà qu’après vingt ans, l’envie et la capacité de tenir ses promesses s’estompent dans le chef des créateurs du système et ils n’entendent plus financer à due concurrence ceux à qui ils ont confié cette mission.

Gageons qu’il y ait un certain cynisme dans cette décision. En effet, lorsqu’une entreprise de titres-services ferme ou fait faillite, ces aides-ménagères et leurs clients trouvent, jusqu’ici sans trop de difficultés, un repreneur. Mais jusqu’à quand ?

Ce n’est pas avec les promesses de quelques subsides complémentaires, non récurrents, et conditionnés à l’accroissement des exigences de toutes sortes (et parfois utiles) aux entreprises que l’on améliorera leur rentabilité et partant, la possibilité d’en faire des acteurs d’une évolution du fonctionnement et de l’amélioration des conditions de travail des aides-ménagères.


Arnaud le Grelle

Directeur régional chez Federgon

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