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Menace sur l’emploi ?

L’inflation galope, le mécanisme d’indexation automatique suit selon la loi belge, les carburants s’enflamment, les prix des matières premières explosent et les délais s’allongent. Mais que devient l’emploi ? Federgon, qui représente, entres autres, le secteur du travail intérimaire, vient de communiquer de nouveaux chiffres à la baisse. Que faut-il en penser ?

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L’intérim, baromètre de l’emploi ?

On a coutume de dire que l’intérim est le meilleur indicateur pour savoir si le marché du travail se contracte ou si les recrutements vont s’enchaîner. C’est vrai. Quand la conjoncture semble aller un peu mieux, il est plus facile de recruter un intérimaire que prendre le risque d’un CDI temps plein. À l’inverse, il est plus facile de ne pas renouveler un contrat hebdomadaire, car le carnet de commande se fait incertain, que d’entreprendre une procédure de licenciement.

Toutefois, depuis la crise de 2008, les choses ont un peu évolué. On observe une telle instabilité, un tel manque de visibilité sur l’avenir que les entreprises ont renforcé des manières de travailler de plus en plus agiles. Variables selon les activités, les secteurs et les tailles d’entreprise, on observe de nouveaux comportements. Ainsi, le volant de travailleurs free-lance ne cesse de s’agrandir. L’intérim management, qui consiste à installer à des postes de management des personnes à hautes qualifications, sous statut indépendant et externes à l’entreprise, croît très fortement. Le travail étudiant est devenu, même dans les entreprises industrielles, un élément de continuité des activités. Dans la construction, les entreprises ne jonglent plus seulement avec le chômage intempéries ou économique, mais avec la sous-traitance et l’intérim.

Un monde moins stable

Les mouvements vers et hors de l’emploi sont donc plus rapides, plus compliqués à lire que par le passé. Pour autant, l’intérim reste bien le premier vecteur d’insertion sur le marché du travail. En particulier pour tous ceux qui, peu équipés pour se vendre sur le marché (qualifiés ou moins qualifiés), font le choix de faire appel à ces entreprises qui, plus que n’importe qui d’autre, côtoient au jour le jour les entreprises, connaissent leurs besoins et les façons de les remplir.

C’est, en particulier, le premier recruteur des jeunes et des personnes au chômage (jusqu’à environ deux ans d’inactivité).

Que dit la situation actuelle ?

Au mois de septembre 2022, le nombre d’heures d’intérim prestées a diminué de -2,47% par rapport au mois précédent (en données corrigées des variations saisonnières et des effets de calendrier). Ce chiffre résulte d’une évolution négative dans les deux segments : le nombre d’heures prestées a diminué de -3,20% du côté des ouvriers et de -1,26% du côté des employés.

Par rapport au mois de septembre de l’année précédente, le secteur de l’intérim affiche une baisse de -6,99%. Ce chiffre résulte d’une diminution de -7,83% dans le segment des ouvriers, et de -5,84% dans le segment des employés.

En bref, l’intérim montre une baisse lente mais régulière du nombre d’intérimaires au travail depuis le début de l’année 2022, ce qui signe certainement un ralentissement de l’économie et donc de l’emploi.

Mais pourtant, il faut éviter de considérer un tel message comme synonyme d’absence d’emploi. Il n’y a jamais eu autant d’emplois et de personnes au travail. Même si le rythme de réduction fléchit. Pas une entreprise active en Belgique ne cherche pas de collaborateurs. Le travail est bien là. Les difficultés restent que les qualifications métiers et surtout, quand les qualifications techniques ne sont pas là, les comportements souhaités (ponctualité, respect des consignes de sécurité, comportement, …) sont trop souvent absents.

Bonne nouvelle, en Europe, les intérimaires sont payés au tarif des travailleurs fixes de l’entreprise dans laquelle ils travaillent (avantages compris). Cette application du principe « même travail, même salaire » les fait bénéficier des indexations comme n’importe quel salarié.

Mais il va de soi que dans les circonstances actuelles, les entreprises sont regardantes pour ajuster au plus près le volume de leur personnel en fonction de leurs possibilités et besoins de production.

Et la baisse plus importante de personnel intérimaire ouvrier plus qu’employé témoigne bien de ce phénomène. Vivement le printemps.

Arnaud le Grelle,

Directeur régional Federgon