La curiosité : un atout au travail

Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? La curiosité enfantine d'un bambin peut parfois vous rendre fou. Mais c'est une compétence magique qui peut être apprise très rapidement dans l'enfance. Alors pourquoi ne faisons-nous guère appel à cette curiosité au travail ? Emilie Sauvage de Cefora, le partenaire de formation de la CP 200, cherche des réponses à trois « pourquoi ? ».

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La curiosité : un atout au travail
Emilie Sauvage ©Cevora - Emilie Sauvage

Emilie Sauvage est en charge des formations pour chercheurs d'emploi chez Cefora. Ellea également travaillé avec plusieurs entreprises de la CP200 pour les aider à instaurer leur plan de formation et ainsi leur permettre de rester agile grâce au développement des compétences de leurs collaborateurs.

Pourquoi la curiosité au travail est-elle payante ?

Emilie: «Etre curieux alimente notre créativité et notre capacité d'innovation. Mais ce n'est pas tout : en évaluant d'autres opinions et visions, nous prenons des décisions plus réfléchies. De plus, les collaborateurs curieux se voient attribuer de meilleurs scores de performance par leurs managers.»

«Faire preuve de curiosité est aussi la base d'une communication ouverte. Une personne qui pose des questions n’impose pas sa propre opinion. Au contraire, elle manifeste son intérêt et se met à la place de ses collègues. Il y a par conséquent moins de conflits, de discussions et de réactions défensives, et donc de meilleurs résultats pour l'équipe.»

Pourquoi ne sommes-nous pas plus curieux ?

Il ressort d’une étude de Cefora sur la curiosité que 60 % des travailleurs et 75 % des chefs d'entreprise et des responsables RH se décrivent comme curieux. En revanche, 40 % des travailleurs déclarent que leur curiosité n'est pas suffisamment stimulée au travail. Parmi les dirigeants et les responsables RH, ce chiffre est même de 50 %.

«Or, ce dernier groupe est à la tête de la culture d'entreprise», souligne Emilie. «L'accent mis sur l'efficacité constitue sans aucun doute une barrière dans le monde des managers. Penser hors des sentiers battus est considéré comme une activité qui prend du temps et entrave les processus habituels.»

«Parmi les collaborateurs, paraître moins sûr de soi est un tabou. Il est mal vu d'admettre que vous avez des doutes ou de signaler qu'un deuxième avis serait le bienvenu. En outre, la marge d'erreur augmente lorsqu'on s'écarte du chemin bien tracé et qu'on essaie de nouvelles choses.»

Pourquoi ces erreurs sont-elles une occasion en or d'apprendre ?

Emilie: «Dans les entreprises, la culture de l'erreur est l'exception plutôt que la règle. Notre étude montre que sept collaborateurs sur dix ne sont pas encouragés à exploiter les erreurs comme des opportunités d'apprentissage. Et c'est bien dommage, car ce sont précisément les leçons apprises qui garantissent l'amélioration continue de nos performances et des processus sous-jacents.»

«53 % n'ont pas peur de s'exprimer s'ils ont une opinion différente. Les collaborateurs expérimentés sont plus à leur aise à cet égard que ceux qui ont moins d'années de travail. Il semble également que la possibilité de s’exprimer soit plus établie dans les grandes organisations que dans les PME.»

«Les nouveaux venus ont plus de facilité à apprendre avec un esprit ouvert. Comme ils ne connaissent pas encore le contexte de l'entreprise et leur travail, ils sont encouragés à poser des questions. En d'autres termes, ils peuvent donner libre cours à leur curiosité d'enfant.»

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