Une épidémie de burn-out suivra-t-elle celle de coronavirus ?

Selon les données de l’INAMI de l'année dernière, 33.402 personnes ont été absentes pendant plus d'un an dans notre pays pour cause de burn-out. Ce chiffre a augmenté d'un tiers par rapport à 2016. Le burn-out est désormais à l'origine de 7% des incapacités de travail de longue durée.

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Une épidémie de burn-out suivra-t-elle celle de coronavirus ?
JOBAT ©JOBAT

Le confinement et le télétravail ne freinent pas l’augmentation du nombre de burn-out, bien au contraire. De plus, le diagnostic du burn-out est trop lent et les médecins ont trop souvent tendance à prescrire des antidépresseurs à leurs patients. Telles sont les observations ressortant d’études menées par la Mutualité socialiste.

40% des personnes absentes à cause d’un épuisement professionnel reçoivent des antidépresseurs. Dans le cas de périodes d’absence plus longues (de six à douze mois), près de la moitié des travailleurs s’en voient prescrire.

« Les médicaments ne sont pas la bonne approche pour lutter contre l'épuisement professionnel. S'il n'est pas toujours facile de distinguer la dépression du burn-out, le burn-out nécessite un traitement différent », suggère Bart Demyttenaere, directeur de la politique médicale à la Mutualité socialiste. « Si un médicament est prescrit, il doit aller de pair avec un traitement psychologique. »

À bout

L'étude montre que, avant de tomber en incapacité de travail, les patients consultent plus souvent leur médecin, subissent plus d'examens ou prennent plus de médicaments. « Beaucoup de gens continuent de travailler malgré les symptômes jusqu'à ce qu'ils soient à bout. Les médecins ne reconnaissent apparemment pas toujours les symptômes annonçant un burn-out », poursuit-il.

La caisse d'assurance maladie préconise dès lors des instruments – pour le médecin et le patient – permettant de reconnaître le burn-out. « Les médecins n'ont toujours pas d'outil fiable pour les aider à poser le bon diagnostic. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un outil sans ambiguïté que tous les professionnels de la santé connaissent et utilisent. »

Burn-out dans le secteur de la santé

Le secteur sans doute le plus durement touché en ce moment est – ironie du sort – ??celui des soins de santé. Le nombre de burn-out y a doublé en raison de la pandémie de Covid-19. Plus de 10% des travailleurs de la santé sont actuellement en arrêt de travail à domicile alors que la moyenne est habituellement d'environ 5%. Avec la progression de la quatrième vague de coronavirus, il est peu probable de voir une amélioration immédiate des chiffres relatifs au burn-out.

En plus des nombreux patients covid admis dans les hôpitaux, les traitements réguliers s’y poursuivent comme d'habitude. Par conséquent, les soignants n'ont guère la possibilité de se remettre physiquement et mentalement de leur dur labeur, avec toutes les conséquences que cela comporte. La question est de savoir qui s'occupera d'eux quand ils sombreront ?

(William Visterin/Edouard Huybrechts)

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