Réforme du marché du travail : la semaine des quatre jours, c’est (enfin) possible mais...

Depuis ce lundi 21 novembre 2022, il est désormais possible de ne travailler que quatre jours au lieu de cinq tout en conservant son temps plein. Mais...

 Depuis ce lundi, un salarié peut prester quelques heures de plus par jour afin de bénéficier d’une journée de congés supplémentaire durant sa semaine de travail.
Depuis ce lundi, un salarié peut prester quelques heures de plus par jour afin de bénéficier d’une journée de congés supplémentaire durant sa semaine de travail. ©kasto - Fotolia (Illustration)

Enterinée en février, la semaine de quatre jours entre en vigueur ce lundi. Dès cette semaine, les travailleurs à temps plein ont donc la possibilité d’effectuer leur semaine de travail sur quatre jours au lieu de cinq.

Il s’agit, pour le gouvernement, d’une forme de "flexibilité" profitable à l’employeur, mais surtout de "liberté" dont peuvent jouir les travailleurs qui en sont demandeurs.

Cette mesure "peut être utile pour les parents avec enfants en garde alternée" avec une disponibilité qui varie d’une semaine à l’autre, expliquait Pierre-Yves Dermagne en février 2022, à l’annonce de la mesure.

32 h en 4 jours: «Les travailleurs sont plus efficaces»

Concrètement, et pour peu que son employeur soit d’accord, un salarié pourra donc prester quelques heures de plus par jour afin de bénéficier d’une journée de congés supplémentaire durant sa semaine.

Détail important: la semaine des 4 jours ou le régime hebdomadaire variable sont des possibilités offertes aux travailleurs, qui pourront se saisir de cette mesure sur base volontaire. Et l’employeur doit motiver sa décision de refus, le cas échéant.

Des employeurs frileux

Si elle paraît intéressante, la réforme pourrait rester exceptionnelle dans les faits. Actuellement, seul un employeur sur deux estime que la semaine de quatre jours à temps plein aura un impact positif sur le bien-être de son personnel, ressort-il d’une enquête menée en octobre par Securex auprès de 1.340 employeurs en Belgique.

Pour 23,3% des employeurs sondés, ce nouveau régime de travail, publié au Moniteur belge le 10 novembre et qui "entrera en vigueur de facto le lundi 21 novembre", aura même un impact négatif sur le bien-être, pointe Securex. Un peu moins d’un tiers (31,6%) considère que cette mesure aura un impact positif sur la productivité tandis que 35,7% s’attendent à un impact négatif.

En outre, un quart des répondants (25,7%) avance que ce nouveau régime est inapplicable dans leur entreprise, principalement parce que certaines fonctions nécessitent une permanence de cinq jours ouvrables ou parce qu’ils considèrent que l’impact sur leur activité serait trop important.

En Wallonie, 30,5% des employés interrogés considèrent le système impossible à appliquer tandis que près de huit employeurs flamands sur 10 trouvent qu’il serait "difficile voire impossible" de le mettre en place. Les petites entreprises de moins de 10 travailleurs et la manufacture, l’horeca et le commerce de détail font partie des plus réticents à ce nouveau régime.

Trente pour cent des employeurs sondés n’ont, eux, "aucune idée de la mesure dans laquelle" leur personnel introduirait une demande pour ce type de régime et 46,1% estiment que seuls 10%, au maximum, de leurs employés sont demandeurs.

Les employeurs ne sont pas contraints d’accéder à la demande de leur personnel d’étaler leur horaire sur quatre jours, à condition de motiver leur refus.