Thanatopracteur: l’homme qui «réconcilie les vivants avec les morts»

Parce que le monde du travail n’est pas toujours rose, zoom sur ces métiers que la société préfère souvent ignorer tant ils peuvent être rebutants. Des égouts aux scènes de crime, « L’Avenir » donne donc la parole à ceux qui, comme le dit l’adage, font le sale boulot. Ce lundi, place à la profession d’embaumeur.

Alan Marchal

Anderlecht, un matin pluvieux d’hiver. À quelques mètres du Lotto Park, Alain Koninckx décharge les mallettes du coffre de son break et s’engouffre dans un funérarium accolé à un café. « Le défunt est prêt? Je peux travailler dans cette pièce-là? » En quelques minutes seulement, le thanatopracteur s’installe, enfile ses gants, réalise une incision précise et plonge la main dans l’abdomen d’un homme récemment décédé. « Je sens le cœur. L’appareil ne doit plus être loin. Un peu à droite… Voilà, je l’ai. » Entre ses doigts, un pacemaker miniature. « Si on ne le retire pas, ça risque d’exploser lors de l’incinération. » Le stimulateur posé sur la table, le solide Namurois de 38 ans referme le corps avec quelques points. L’intervention a duré moins de 20 minutes. Propre. Net.