Plusieurs femmes fécondées par le sperme de leur médecin? Ce que l’on sait de l’affaire qui secoue la Flandre

Depuis la diffusion d’une enquête de la VRT, la Flandre se passionne pour l’histoire de ce gynécologue soupçonné d’avoir inséminé des patientes avec son propre sperme.

La Rédaction de L'Avenir
 C’est dans cet hôpital de Torhout qu’un gynécologue, à la retraite depuis 2016, aurait inséminé des patientes avec son propre sperme.
C’est dans cet hôpital de Torhout qu’un gynécologue, à la retraite depuis 2016, aurait inséminé des patientes avec son propre sperme. ©BELGA

L’enquête de " Terzake " fait grand bruit. Selon l’émission de la VRT, un gynécologue à la retraite depuis 2016 aurait utilisé son propre sperme pour réaliser des inséminations artificielles sur ses patientes au cours des années 80.

Diffusée hier jeudi par la chaîne publique, l’enquête repose sur le récit de Stefan (*) dont la maman a bénéficié d’un don de sperme.

Décidé à en savoir plus sur son père biologique, le témoin principal de "Terzake" explique s’être inscrit dans une base de données ADN en 2017. Dans le même temps, intrigué par une enquête néerlandaise révélant qu’un gynécologue était le père d’au moins 81 enfants, il commence à s’intéresser au médecin de sa mère. "Mon intuition me disait alors qu’il pourrait être mon père biologique", déclare Stefan à la VRT. Reste qu’aucune preuve probante ne vient confirmer sa thèse.

Mais en 2019, tout s’accélère. Grâce à la banque de données ADN, il retrouve un demi-frère. Un choc qui le pousse à suivre son instinct et interpeller la direction de l’ancien hôpital Sint-Rembert de Torhout (à 25 km de Bruges) où sa mère a été inséminée. Sans succès. "Et le médecin lui-même a refusé toute forme de coopération."

Il se masturbait dans une pièce et revenait plus tard.Ce n’est pas correct.

Ce n’est qu’en 2020, après que des proches du médecin suspecté ont accepté de comparer leur ADN avec celui de Stefan, que ce dernier découvre qu’il a sans doute bel et bien un lien de parenté avec le gynécologue. Ce que confirme la clinique de Torhout dans la foulée.

"Nous avons fait valider les résultats par notre conseiller en génétique et il confirme qu’il y a une forte probabilité que les deux hommes ont un ancêtre en commun, explique le directeur médical Luc Harlet. Cette fois, c’est une raison suffisante pour que l’hôpital prenne l’affaire au sérieux." Pour la première fois, des erreurs déontologiques et éthiques sont reconnues par les autorités compétentes.

Reste que le gynécologue incriminé refuse toujours toute coopération. Et ce, même lorsque la demande vient de son ancien employeur. "Il y a eu un contact physique, téléphonique et informatique, mais il n’a pas répondu à notre requête, assure Luc Harlet. Il n’a ni confirmé ni infirmé les faits." Ce que regrette Stefan. "Je n’avais pas l’intention d’aller prendre un café avec lui tous les dimanches, mais j’aurais aimé entendre sa version de l’histoire […] Il a promis à ses patients des donneurs inconnus, mais il se masturbait dans une pièce et revenait plus tard. Ce n’est pas correct. D’ailleurs, combien de fois l’a-t-il fait? Tout le monde a le droit de savoir."

Selon "Terzake", le dossier a été transmis au procureur de la République et de l’Ordre des médecins.

(*) Prénom d’emprunt