Le télétravail recommandé, ça change quoi?

Le télétravail recommandé, annoncé par le Premier ministre mardi, laisse beaucoup de Belges perplexes. Qu’est-ce que ça veut dire au fond?

Anne Sandront
Anne Sandront
Le télétravail recommandé, ça change quoi?
Certaines entreprises sont toujours actuellement en télétravail complet. ©Kemedo – stock.adobe.com

Pour les secrétariats sociaux, la position adoptée est le «wait and see»: «C'est fortement recommandé, mais sans obligation, analyse Catherine Mairy, legal Expert chez Partena. Cela veut dire qu'on va limiter les retours sur le lieu de travail en fonction du type d'activité de l'entreprise et du poste occupé par les personnes.» Elle espère avoir davantage d'informations lorsque l'arrêté ministériel sera publié, le 29 octobre.

L’importance de la concertation

La juriste de Partena insiste: «Pour éviter les tensions entre les employeurs et les employés, la concertation est essentielle. Certains ont très peur, et peuvent être rassurés par les mesures de précaution appliquées dans l'entreprise

C'est aussi le dialogue que prône le secrétariat SDWorx. « Il y a de plus en plus de télétravail hybride, avec des jours au bureau et des jours au domicile, remarque Jean-Luc Vanniewenhuyse, conseil juridique chez SDWorx. On peut décider de modifier le nombre de jour pour s'adapter à la situation, en discutant avec les organes de concertations. Comme l'a dit le ministre Dermagne, il faut faire l'inventaire des fonctions qui doivent absolument rester en présentiel. Il est important d'apaiser les craintes, par la transparence et la communication.»

La Fédération des entreprises belges se réjouit que le télétravail soit recommandé, pas imposé. Kris de Meester, premier conseiller à la FEB: «C'est mieux car le télétravail à temps plein a des effets négatifs: perte de productivité, sentiment d'isolement, perte de la cohésion d'équipe. Nous recommandons 2 à 3 jours à la maison. Pas trop de monde au bureau, sauf pour des réunions importantes ou du team building. C'est une formule qui va perdurer. »

Au niveau syndical, on «balise»: «On rediscute du télétravail au Conseil national du travail, pour remettre un cadre légal» dit Manon Van Thorre.