30 ans de lutte contre la sclérose en plaques

La Fondation Charcot fête ses 30 ans. Si la sclérose en plaques demeure incurable, la recherche avance à grands pas.

Céline Demelenne
30 ans de lutte contre la sclérose en plaques
En 30 ans, les diagnostics et traitements de la maladie ont évolué, et sont plus performants. ©Reporters/BSIP

En Belgique, près de 12 000 personnes souffrent de la sclérose en plaques. Une maladie neurologique incurable dont les phases de crise entraînent des lésions irréversibles du système nerveux central. La répétition de ces poussées se traduit, à terme, par un handicap physique.

C'est donc pour lutter contre cette maladie que la Fondation Charcot fut créée, il y a maintenant 30 ans. «Notre objectif est de récolter des fonds pour financer la recherche, à raison d'environ 200 000€ par an, affirme Ann Van Roy, chargée de communication. Tous les deux ans, nous soutenons aussi le travail d'un jeune doctorant, à hauteur de 200 000€ pour les quatre années qui suivent.»

Au financement de projets s'ajoute un travail de sensibilisation auprès des médecins et des patients, «toujours nécessaire».

Des avancées, pas de guérison

Cet anniversaire, c’est aussi l’occasion de faire le bilan. Si aucune guérison n’est envisagée, force est de constater que les projets de recherche ont tout de même porté leurs fruits.

«Il y a 30 ans, il n'y avait tout simplement aucun traitement disponible, poursuit Ann Van Roy. Aujourd'hui, le diagnostic de cette maladie – qui reste assez complexe, car elle se manifeste de façon différente selon les personnes – est plus aisé. Il y a eu des avancées techniques pour la résonance magnétique, mais aussi la mise en place d'autres types de diagnostics, comme la combinaison de facteurs.»

Et après?

La Fondation Charcot ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Car il reste de nombreuses pistes à explorer afin d'améliorer les soins prodigués aux patients. «Les traitements administrés aux malades, que ce soit les pilules ou les injections, restent très invasifs. » L'un des enjeux de la recherche sera donc d'endiguer ce phénomène, mais aussi de minimiser les effets secondaires, «encore trop lourds».

Pour soutenir davantage de projets, «toujours plus novateurs», la Fondation souhaite accroître le montant du Fonds Charcot de manière substantielle.

Au-delà de l’encadrement médical stricto sensu, il s’agira aussi de superviser l’élaboration d’un premier registre national des patients. Une façon de suivre l’évolution des malades et des traitements, dans une optique de perpétuel renouvellement.