« Le marché bancaire belge est rentable depuis des décennies »

Cela fait bientôt deux ans que le projet New B est à l’étude. Un délai important justifié par l’enjeu : on ne crée pas une banque du jour au lendemain, d’autant que les attentes sont énormes.

F.G.
« Le marché bancaire belge est rentable depuis des décennies »
BELGIUM BRUSSELS NAUNCH NEW B ©Belga

Il a fallu affiner le modèle et s’assurer de sa faisabilité. Pour ce faire, les initiateurs de New B ont sollicité l’aide d’une dizaine de banquiers et d’experts de la société civile, dont celle d’Éric De Keuleneer.

L'économiste respecté (Solvay ULB) a, en tant que patron de l'Office Central de Crédit Hypothécaire, été «le dernier banquier public de Belgique». Avant cela, il a officié à la Kredietbank et à la Générale de Belgique. Le secteur bancaire, il connaît.

Quand on lui a présenté le projet, il a d'abord été sceptique. «Je trouve qu'au début le projet se concentrait excessivement sur la collecte de dépôts sans vraiment définir ce qu'on allait faire avec cet argent. Or, c'est dans la gestion des crédits qu'une banque peut jouer un rôle social important.» Une erreur de jeunesse qui semble depuis avoir été gommée.

Car pour le reste, «le marché bancaire belge est un marché rentable depuis des décennies. Les banques belges se plaignent parfois de leur rentabilité. Mais c'est essentiellement parce qu'elles ont parfois perdu énormément d'argent à l'étranger.»

Pour Éric De Keuleneer, non seulement il y a de la place pour une banque telle que NewB en Belgique mais c'est surtout souhaitable. «J'espère que ça va apporter un peu de concurrence. Il y a en Belgique trop de concentration de concurrence

Les quatre grandes banques (BNP Paribas Fortis, Belfius, KBC et ING) se partagent 80% du marché belge. New B ambitionne, selon son président, Bernard Bayot de s’octroyer 10% du marché endéans dix ans.

Si certains doutent encore du modèle, M.De Keuleneer se veut rassurant: « Il est possible d'octroyer des crédits de façon prudente mais c'est ce que ne font plus certaines banques.» Celles-ci utilisent des modèles théoriques. Si l'emprunt sollicité ne correspond pas aux critères du modèle préétabli, le crédit sera refusé. Alors qu'il aurait pu rapporter de l'argent.

Et l'économiste de conclure: «Une initiative comme celle-ci trouve certainement sa place car toutes les études montrent que l'aspect local pour l'octroi de crédits apporte une véritable valeur ajoutée. Je crois aussi que les aspects de bonne diversification des risques et de rémunération correcte sur ses risques pourront être atteints dans un modèle comme celui-ci

F.-X.G.

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