L’école, « une pierre d’achoppement »

«L’école a une responsabilité importante dans la lutte contre la pauvreté des enfants. Mais elle ne l’assume pas », regrette Isabelle Franck de Vivre Ensemble. Selon l’association, elle contribuerait même à creuser les fossés sociaux et n’offrirait pas les mêmes chances aux élèves.

C.F.
L’école, « une pierre d’achoppement »
Ecole primaire ©EDA

«La discrimination menace dès la maternelle, explique Isabelle Franck. En effet, les jeunes enfants défavorisés sont souvent directement redirigés vers les formations spécialisées.» Issus la plupart du temps de familles immigrées, ces enfants sont en effet bloqués par la langue et la culture et éprouvent des difficultés à s'intégrer en classe.

D'après Vivre Ensemble, les disparités entre les enfants sont nettement plus visibles dans les années scolaires supérieures. «Il suffit de comparer la population des cours de récré des instituts professionnels et celle des écoles normales! », ajoute l'association.

Cette dernière pointe d'ailleurs la responsabilité des professeurs. «La majorité des enseignants font partie de la classe moyenne et n'ont jamais eu de contact avec d'autres milieux culturels et sociaux que le leur .» Inconsciemment, cette méconnaissance peut les pousser à déconsidérer certains élèves, assure-t-elle.

Outre ces problèmes culturels, la non-gratuité scolaire est une véritable atteinte aux droits de l'enfant, selon Bernard De Vos. «Elle limite l'accès à la formation des enfants défavorisés et pire, elle peut jouer un rôle dans leur bien-être intérieur » estime le Délégué général aux droits de l'enfant de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Ne pas savoir payer les photocopies ou ne pas recevoir son bulletin parce qu'on n'est pas en ordre de paiement est difficile à vivre pour l'élève « pauvre », soucieux du regard des autres. «C'est pénible d'afficher sa pauvreté quand on est enfant » conclut Bernard De Vos.

C.F.