La pauvreté infantile, un véritable fléau

Un enfant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté en Belgique. Un phénomène qui remet en question l’ensemble des droits de l’enfant.

Caroline Fixelles

La journée du 20novembre prochain sera consacrée aux droits de l’enfant. L’occasion de rappeler qu’ils ne sont pas une réalité pour tous les bambins de la planète. Et ceux de notre pays ne sont pas épargnés. En effet, selon Unicef, un enfant belge sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Un problème endémique qui bafoue l’ensemble des droits de nos enfants, d’après l’agence de l’ONU.

«La pauvreté infantile est une réalité en Belgique, clame Isabelle Franck, chargée d’études pour Vivre Ensemble. Malheureusement, elle s’aggrave avec la crise économique actuelle.» En effet, depuis 2008, le nombre de parents endettés, au chômage ou en difficulté financière a augmenté.

Pour l’association, la réalité du terrain est même plus critique que celle présentée dans les chiffres. «Les enseignants rencontrent de plus en plus d’enfants qui n’ont pas de tartines pour le dîner» déplore-t-elle.

Des enfants d’immigrés lésés

Les enfants belges les plus pauvres sont issus essentiellement de familles monoparentales, sans revenus ou immigrées. « À Bruxelles, 28% des bébés naissent dans un ménage sans revenu et 17% d’une mère isolée. Une véritable discrimination dès la naissance» déclare-t-on du côté de Vivre Ensemble. L’immigration est également un facteur probant dans la pauvreté infantile, selon Unicef. En effet, ces familles provenant de l’étranger sont généralement plus pauvres et le fossé culturel inhibe parfois l’intégration sociale des enfants.

Un cercle vicieux

Mais évoquer leur pauvreté, c’est «tirer un fil qui entraîne avec lui toute la pelote de laine ». En effet, selon Vivre Ensemble, la pauvreté des enfants engendre une violation de leurs droits tels que l’accès à l’éducation, aux soins de santé ou aux loisirs.

D’ailleurs, d’après Unicef, le taux de mortalité infantile est nettement plus élevé dans les familles défavorisées.

Bien que la pauvreté des enfants soit devenue une priorité nationale, les associations continuent d’engager la responsabilité du monde politique. «Il faut qu’ils mesurent systématiquement les effets de leurs décisions sur les enfants » estime Unicef. Surtout en cette période de récession et d’austérité qui, selon la fondation, pourrait aggraver encore la situation.

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