En guerre contre le plagiat

La première «Journée de lutte contre la plagiat» est lancée par l’UCL. Un acte qui n’est pas souvent délibéré mais découle d’une ignorance.

Sabine Lourtie
En guerre contre le plagiat
417347 ©Reporters/Photononstop

C'est une première en Fédération Wallonie-Bruxelles. L'Université Catholique de Louvain (UCL) lance ce lundi une « Journée de sensibilisation au plagiat », en partenariat avec l'AGL (l'association des étudiants de l'UCL). L'objectif est de conscientiser les acteurs de l'université, aussi bien étudiants, qu'enseignants, assistants et membres de l'administration, de l'importance de la lutte contre le plagiat, au bénéfice de la qualité de l'enseignement. « Le plagiat nuit gravement à la formation », indique le slogan.

Le plagiat, c’est en résumé l’appropriation d’un travail (texte ou partie de texte, image, photo, données) réalisé par un autre auteur, sans que ce dernier ne soit cité. Et dans les universités, visiblement, la pratique est assez courante… Voire même devenu une mauvaise habitude.

On n'est cependant pas nécessairement en face d'étudiants fraudeurs. L'UCL a observé que ceux qui plagient le font souvent par méconnaissance et que les intentions de fraudes réelles sont, quant à elles, plus rares. «Avec l'avènement d'internet, des blogs, des réseaux sociaux, l'information est vue comme quelque chose qui s'échange, se transmet, explique Françoise Docq, de l'Institut de pédagogie universitaire et des multimédias de l'UCL. Or, l'utilisation d'une info dans le domaine scientifique est réglementée. Même des données, un graphique, une notion doivent être référencés. Plagier, ce n'est pas uniquement du copié-collé.»

Vigilance accrue

Le plagiat est-il devenu un fléau dans nos universités? Difficile d'obtenir des chiffres auprès des institutions. «Nous ne disposons pas de statistiques, reconnaît Françoise Dock, car tous les cas ne remontent pas nécessairement jusqu'au sommet de la hiérarchie et qu'ils sont souvent très différents et difficilement interprétables. Mais on note une vigilance accrue des étudiants depuis quelques années.»

Il n'en reste pas moins que cette faute est considérée comme «très grave ». Et dans les institutions, on prend la problématique au sérieux. Ainsi, les universités misent sur la prévention. «Comme l'UCL, nous éditons une brochure que tout étudiant reçoit après son inscription », poursuit-on à l'Ulg. Elles tapent aussi sur le clou dans les cours de méthodologie. Et elles se sont dotées d'un logiciel informatique anti-plagiat. «Le texte de l'étudiant est comparé à l'ensemble des informations qui transite sur internet », explique Anne-France Lanotte du service guidance étude de l'Université de Liège. Le résultat du programme donne un pourcentage de plagiat qu'il convient ensuite d'interpréter.

En cas de plagiat avéré, la sanction peut être sévère: depuis la note nulle pour le travail jusqu'à la sanction disciplinaire (une suspension de cours ou d'université d'un mois à plus). Dans les cas les plus graves, le plagiaire peut même se voir infliger l'exclusion, ce qui vaudra pour… toutes les universités. « La sanction dépend du degré de plagiat, l'année d'étude, la récidive, la nature du travail…», liste Françosie Docq. Lundi à l'UCL, des ateliers seront organisés dans les bibliothèques afin notamment de tester le logiciel anti-plagiat utilisé par les professeurs et de mieux faire connaître aux étudiants les règles de méthodologie en matière de citation. «L'idée est de lancer chaque année cette journée thématique et qu'elle soit suivie par les autres isntitutions.»