« La poubelle mentale de Dutroux »

«Devoir d’enquête» revient sur la vie de l’ex-épouse de Dutroux, entre ses versions et une kyrielle de témoignages.

« La poubelle mentale de Dutroux »
Divers_201209211050_43449552.jpg ©RTBF

Une femme qui même lorsqu'elle faisait état d'un grand état de détresse ou qui se disait au bord de la dépression «ne manifestait jamais aucune émotion». Sans doute dans l'ensemble des images vues et revues, des témoignages certes remis en perspective mais souvent entendu sur l'énigmatique ex-femme de Dutroux, c'est le témoignage d'une infirmière sociale de l'ONE qu'on retiendra de cette nouvelle relecture. En mars 1996, alors que Julie et Mélissa agonisent dans la cache, Michelle Martin fait le forcing pour faire sortir Dutroux de détention préventive, réclamant des attestations notamment à cette infirmière de l'ONE dont on devine à quel point après coup elle a dû se sentir escroquée («j'ignorais dans quelle pièce je jouais », dit-elle). Un témoignage qui participe à l'équilibre d'une émission qui surfe sans cesse entre l'image de victime (« j'étais la poubelle mentale de Dutroux », écrira-t-elle) qu'a toujours brandie comme un bouclier la femme la plus détestée de Belgique, et les témoignages qui mettent en évidence sa complicité assumée et active dans les atrocités commises par son ex-mari, sa capacité à gérer et à manipuler autrui. Une femme sans émotion apparente, dont «Devoir d'enquête», retrace le parcours, de sa jeunesse à sa libération récente, de façon linéaire, faisant parler d'elle avocats, voisine, experts psychiatres et aussi de l'écrivaine Nicole Malinconi, redonnant aussi des extraits d'une lettre écrite par l'intéressée au magazine voilà quatre ans.

Un regret à l’arrivée, les effets de dramatisations (musiques d’ambiances lourdes, bruitages effrayants, voix off féminine lisant la prose de l’intéressée…) qui certes «emballent» l’ensemble mais donnent par moments une impression de surcharge un peu écœurante, voire malsaine.

X.D.

La Une, 20.20

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