Nouveau traitement des fibromes utérins

Moins d’effets secondaires et une chirurgie plus légère,ce sont les atouts du nouveau traitement des fibromes utérins.

Caroline Desorbay
Nouveau traitement des fibromes utérins
Woman with stomach issues ©Piotr Marcinski – Fotolia

Un peu moins d'une femme sur trois, âgée entre 40 et 50 ans, développe un fibrome utérin. Il s'agit d'une masse de tissu fibreux très dure et très dense faisant partie intégrante du corps utérin. La taille d'un fibrome varie, de quelques millimètres à plusieurs dizaines de centimètres. «Les fibromes sont pratiquement toujours bénins, affirme le professeur Jacques Donnez, chef du service de gynécologie et d'andrologie aux Cliniques universitaires Saint-Luc (Bruxelles). Dans un cas pour 1000, on peut avoir une dégénérescence sarcomateuse du fibrome. Cela reste exceptionnel ».

Les fibromes peuvent être complètement asymptomatiques ou, au contraire, peuvent causer des douleurs abdominales, des douleurs lors des rapports sexuels, et surtout, des saignements abondants accompagnés d’anémie.

Seuls les fibromes gênants sont traités. Dans un premier temps, le gynécologue prescrit un traitement hormonal pour réduire la taille du fibrome puis on procède à l’ablation. Selon la taille du fibrome, l’intervention peut-être plus ou moins lourde. Chaque année au sein de l’Union européenne, 230 000 hystérectomies sont pratiquées. Il s’agit d’une intervention chirurgicale assez lourde (à ventre ouvert) avec à la clé six semaines de convalescence.

Un nouveau traitement, l'acétate d'ulipristal, vient d'être testé avec succès. « C'est une nouvelle molécule qui n'a jamais été employée sinon dans une étude pilote portant sur une dizaine de patientes, précise le Professeur Jacques Donnez qui a participé aux différents essais. Cette étude a montré qu'elle pouvait avoir un effet bénéfique sur les fibromes. Sur base de ces résultats, nous avons décidé de procéder à différentes études qui ont montré que l'acétate d'ulipristal réduit de manière significative la taille des fibromes, stoppe les saignements et restaure l'anémie. Le fibrome étant réduit, l'intervention peut être faite par endoscopie, une technique peu invasive. C'est aussi une très bonne nouvelle pour les jeunes femmes qui veulent avoir des enfants. L'endoscopie endommage moins l'utérus qu'une laparotomie à ventre ouvert. »

Il devrait être commercialisé l’année prochaine

L'autre atout de cette nouvelle molécule, administrée par voie orale, ce sont les effets secondaires bien moindres que ceux liés à l'agoniste de la gonadolibérine (GnRH), le traitement hormonal habituel. «Le GnRH diminue la production d'œstrogènes ce qui provoque les symptômes de la ménopause dont les bouffées de chaleur si pénibles. On ne pouvait pas donner ce traitement de manière prolongée, pas plus de 4 ou 5 mois, car il provoquait une diminution de la densité osseuse. » Il y a bien quelques minipolypes mais ils disparaissent après l'arrêt du traitement.

L’acétate d’ulipristal a une action qui perdure quelques mois après l’arrêt du traitement, diminuant ainsi les risques de récidive. Ce nouveau traitement n’attend plus que l’autorisation de mise sur le marché de la part de la Commission européenne. Il devrait être commercialisé l’année prochaine.¦