Le « mea culpa » des évêques

Dans une lettre pastorale commune, les évêques de Belgique présentent leurs excuses aux victimes d'abus sexuels trop longtemps tus.

Le « mea culpa » des évêques
Les évêques belges à Rome ©EPA

La récente démission de l'évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, a causé une « onde de choc » dans l'Église de Belgique. Et elle a « sérieusement entamé » la « confiance des fidèles dans leurs pasteurs » . « Ce qui doit prendre le pas sur toute autre considération, est la sécurité et la protection des enfants. Sur ce point, il n'y a pas à tergiverser. Nous reconnaissons que des responsables d'Église n'ont pas suffisamment pris la mesure du drame de l'abus sexuel sur mineurs et de l'étendue de ses séquelles », poursuivent les évêques belges. En demandant pardon « à toutes les victimes d'abus sexuels, tant pour l'agression que pour le traitement inadéquat de celle-ci » . Et à leurs proches « pour les séquelles humaines causées par ces abus ».

L'espoir de la réconciliation

« Nous exprimons avec modestie l'espoir qu'un chemin de réconciliation reste ouvert » ajoutent les prélats, qui ont rédigé leur lettre au retour de leur récente visite à Rome, où ils ont été reçus « ad limina » par le pape Benoît XVI. Le terme latin désigne le pèlerinage que font, tous les cinq ans, les évêques du monde dans la Ville éternelle, sur les tombes des apôtres Pierre et Paul, avant d'être reçus par le pape.

Si, officiellement, la démission de Roger Vangheluwe n'a pas été en tant que telle évoquée au cours de la rencontre entre Benoît XVI et les évêques belges, elle a servi de toile de fond à cette réception.

D'ailleurs, si elle a donné aux évêques, « l'occasion de mettre en avant tout le bien qui se fait dans l'Église de Belgique, ainsi que l'engagement généreux de tant de collaborateurs », la réunion a aussi abordé « les lacunes et les dossiers sensibles », dont « surtout, la raison de la récente démission de l'évêque de Bruges ».

Sur le chemin de la conversion Cette démission et la révélation des faits qui y ont conduit ont amené une explosion des plaintes auprès de la commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans le cadre d'une relation pastorale. Les signataires de la lettre pastorale n'en remercient pas moins « les victimes qui trouvent le courage de briser le mur du silence en racontant ce qui leur est arrivé » . Ils disent espérer que « leur parole contribue à ce qu'elles obtiennent la reconnaissance et la guérison auxquelles elles aspirent ». Et s'affichent convaincus qu'« en s'exprimant, elles rendent possible un chemin de purification et de conversion au sein de l'Église » .

Les paroles de remerciement aux membres de la commission ne passent pas non plus inaperçues. Même si son travail risque d'ébranler encore plus la confiance des chrétiens belges dans « leur » Église.