Arnaque au joint de culasse

Des gouttes d'huile dans le radiateur et faire croire que le joint de culasse est cassé. C'est le moyen utilisé par des escrocs pour acheter une voiture au rabais.

Arnaque au joint de culasse
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C'e st bien connu : lorsqu'il s'agit de vider le portefeuille de braves et innocents concitoyens, les cerveaux des arnaqueurs phosphorent à plein régime pour trouver l'argument qui permettra d'arnaquer sa victime...

Dominique, originaire d'Andenne, vient de faire les frais d'une tentative d'arnaque un peu particulière. Elle avait une BMW d'occasion à vendre. Et si elle n'avait pas prêté attention, elle aurait sans doute pu y perdre des plumes.

« Il s'agit d'une BMW 320 que je vendais 5 600 euros, explique Dominique. J'ai ainsi eu plusieurs acheteurs potentiels qui se sont présentés. Et vendredi dernier, on a eu la visite de trois Roumains. » Jusque-là, rien d'anormal. Mais les trois candidats acheteurs sont visiblement très pressés. « La voiture était destinée à être expédiée en Roumanie. Ils ont dit qu'ils étaient peu regardants sur la carrosserie, parce qu'ils avaient de bons carrossiers chez eux, mais qu'en revanche le moteur devait être en bon état... » Bref, les candidats s'affairent autour de la belle auto, l'examinent sous tous ses angles. « Et puis, il y en a un qui plonge sous le capot du moteur et vérifie les niveaux d'huile et d'eau. Pendant ce temps, un de se comparses essaie de détourner votre attention... » Et que fait celui qui s'affaire sous le capot ? À l'aide d'une pipette et d'une seringue, il ponctionne de l'huile usée dans le moteur et la verse dans l'eau du radiateur...

« Ils ont expliqué qu'il y avait un problème avec le moteur et que le joint de culasse était mal en point. Résultat : ils vous disent qu'ils veulent bien vous prendre la voiture pour vous dépanner (!) mais à un prix bien plus bas que celui demandé, puisque le moteur est dit foutu... » Fort heureusement, le stratagème du trio d'escrocs a été repéré chez Dominique, qui leur a lancé que « puisque la voiture est cassée, on la retire de la vente. » Le trio est parti, sans doute dépité.

Disons-le tout net, ce type d'arnaque est extrêmement rare. Du côté des professionnels de la vente des voitures d'occasion, c'est même l'étonnement.

On y souligne que l'arnaque classique se caractérise plutôt par l'absence de contact direct entre l'escroc et la victime entre qui les échanges se font par mails (et comptes...) interposés. Mais il y a un début à tout. Et Dominique, elle, voulait surtout éviter que cela arrive à d'autres.

Dommage cependant qu'elle n'ait pas pensé à déposer plainte. « On peut parfois penser que cela ne sert à rien, dit-on à la police fédérale. Mais à l'analyse, ces plaintes peuvent parfois faire apparaître un phénomène contre lequel on peut agir. Mais s'il n'y a pas de plainte, forcément, on n'est pas au courant. »