Le Parlement européen s’inquiète du sort d’Olivier Vandecasteele et veut que l’UE hausse le ton

Le Parlement européen a adopté jeudi une résolution condamnant la condamnation du Belge Olivier Vandecasteele par la justice iranienne et demandant sa libération immédiate et inconditionnelle, comme celle d’autres Européens détenus en Iran.

Belga
Olivier Vandecasteele - Un rassemblement de soutien à Olivier Vandecasteele se tiendra à Bruxelles ce dimanche
Un rassemblement de soutien à Olivier Vandecasteele se tiendra à Bruxelles ce dimanche. ©BELGA

Quelques jours après un rassemblement de milliers de personnes de la diaspora iranienne devant l’hémicycle strasbourgeois (lundi), les eurodéputés appellent l’UE à durcir le ton face à Téhéran, en élargissant ses sanctions et en inscrivant le Corps des gardiens de la révolution islamique sur la liste européenne des organisations terroristes. Il s’agissait d’une des revendications majeures des manifestants, et de l’opposition iranienne en général.

Les eurodéputés demandent par ailleurs à l’Union et à ses États membres de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les citoyens de la diaspora iranienne, de tirer parti de tous les engagements et contacts avec l’Iran pour aborder la question des droits de l’homme, et de se coordonner dans leurs initiatives diplomatiques, entre autres pour soutenir sur place les personnes “illégalement condamnées et arrêtées”.

Le Parlement lui-même n’a pas la compétence de toucher à la liste des individus et organisations terroristes, créée en 2001 et sur laquelle on retrouve par exemple le Hamas et la branche militaire du Hezbollah. Dans la partie “individus” y apparaît le nom d’Assadollah Assadi, le diplomate iranien incarcéré en Belgique et dont l’Iran espère obtenir le transfert.

La résolution demande donc aux États membres d'” ajouter le Corps des gardiens de la révolution islamique et ses forces subsidiaires, y compris la milice paramilitaire Basij et la Force Quds, à la liste des organisations terroristes de l’Union. Mercredi, le Parlement avait fait passer la même demande via un amendement à un texte plus général, le rapport annuel sur la mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune. La résolution propose aussi d’interdire tout lien économique ou financier avec des sociétés ou personnes liées au Corps des gardiens de la révolution islamique.

Elle suggère par ailleurs de sanctionner le guide suprême Ali Khamenei, le président Ebrahim Raisi ainsi que les députés iraniens qui ont encouragé la répression et les condamnations à mort de manifestants.

Les eurodéputés s’inquiètent d’une situation qui se dégrade depuis plusieurs mois, avec les exécutions récentes (décembre et janvier) de quatre personnes ayant participé aux manifestations contre le régime, une violente répression soutenue par le plus haut niveau de pouvoir, visant également la diaspora, une généralisation de la torture dans les prisons, les arrestations de dizaines de journalistes, mais aussi la fourniture à la Russie de drones utilisés contre des civils en Ukraine.

”Le mépris flagrant du régime iranien pour la dignité humaine et les aspirations démocratiques de ses propres citoyens, ainsi que son soutien à la Fédération de Russie, obligent l’Union à adapter sa position à l’égard de l’Iran”, peut-on lire dans le texte.

”Le parlement européen souhaite de nouvelles sanctions tant que le régime iranien continue de réprimer et poursuivre sa population dans la foulée des manifestations”, note l’eurodéputé CD&V Tom Vandenkendelaere (PPE).

”Le chantage des autorités iraniennes, qui n’hésitent pas à emprisonner et violer les droits fondamentaux des ressortissants étrangers pour parvenir à leurs fins est inacceptable. Les autorités européennes doivent appuyer les démarches des autorités nationales dans leur effort de faire libérer leurs ressortissants”, appuie Saskia Bricmont (Ecolo, Verts/ALE). Un appel à la coordination européenne également porté par la libérale Frédérique Ries (Renew) en plénière : “dans une Europe véritablement politique, c’est unis que les pays doivent négocier. Le poids de tous, ensemble, pour obtenir leur libération”.

Un débat avait été prévu mardi soir en plénière à Strasbourg sur la réponse européenne aux évènements en Iran. Les eurodéputés souhaitaient débattre avec le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, mais ce dernier s’est fait représenter par le commissaire Didier Reynders, alors qu’il était présent dans l’hémicycle plus tôt dans la journée.

L’absence de l’Espagnol a fait fulminer certains élus, dont l’écologiste allemande Hannah Neumann qui a exprimé sa colère le lendemain, sous les applaudissements de nombreux collègues. “Je trouve cela difficile de ne pas interpréter cette attitude comme une marque d’irrespect envers le Parlement européen et envers les milliers de personnes qui étaient ici lundi”, a-t-elle lancé.

”Je vous assure que toutes les options de réponse de l’UE aux évènements en Iran restent sur la table”, a indiqué Didier Reynders aux députés. Il a rappelé que “sur les trois derniers mois, le Conseil a ajouté 60 individus et 8 entités à la liste de ceux qui sont concernés par des mesures restrictives, pour leur rôle dans la mort de Mahsa Amini et la violente réponse aux manifestations qui ont suivi. Cette approche continuera, aussi longtemps que nécessaire.”

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...