Qatargate: l'ex-eurodéputé Pier Antonio Panzeri déclare avoir donné 120.000 euros à Marc Tarabella

L'ex-eurodéputé Pier Antonio Panzeri a signé, avec le procureur fédéral, un mémorandum en vertu de la loi sur les repentis en échange d'une peine de prison réduite.

Belga
EP Plenary session - Situation of human rights in the context of the upcoming FIFA world cup in Qatar
Marc Tarabella ©? European Union 2022 - Source : EP

Il s'engage ainsi à faire "des déclarations substantielles, révélatrices, sincères et complètes" dans le cadre de l'enquête pour corruption au Parlement européen, indique le parquet fédéral mardi après-midi.

"En vertu du mémorandum signé ce jour, la peine encourue par Pier Panzeri sera effective mais limitée", a précisé le parquet fédéral. "Elle comprendra de la prison ferme, une amende et la confiscation de tous les avantages patrimoniaux acquis, évalués pour l'instant à un million d'euros".

Des révélations sur Marc Tarabella

Selon L'Echo, Panzeri a déjà révélé aux enquêteurs avoir remis une somme de plus de 120.000 euros en liquide à un autre eurodéputé socialiste, le Belge Marc Tarabella, pour son aide en faveur du Qatar. Lundi, la présidente du Parlement européen annonçait que la justice demandait la levée d'immunité de Marc Tarabella et d'un autre député, l'Italien Andrea Cozzolino. Marc Tarabella a jusqu'à présent toujours déclaré qu'il n'a jamais reçu de cadeau de la part du Qatar en échange de positions favorables à l'émirat. Le député socialiste, dont le domicile a été perquisitionné en décembre dans le cadre de cette enquête, a été exclu de son parti, le PS, le temps de l'enquête. Il a dit être prêt à collaborer avec la justice.

Pier Antonio Panzeri est sous mandat d'arrêt depuis son arrestation, le 9 décembre. Il est inculpé de faits de participation à une organisation criminelle en qualité de dirigeant, de blanchiment d'argent et de corruption publique active et passive. Selon l'enquête dirigée par le parquet fédéral, le Qatar et le Maroc auraient tenté d'influencer les décisions et les résolutions du Parlement européen par l'intermédiaire de l'ancien eurodéputé Pier Antonio Panzeri et de son association à but non lucratif Fight Impunity.

Plusieurs autres personnes sont aussi soupçonnées dans cette enquête: Francesco Giorgi, collaborateur de Panzeri, Eva Kaili, désormais ex-vice présidente du Parlement européen et compagne de Giorgi, Nicolo Figa-Talamanca, un lobbyiste bruxellois, mais aussi le père d'Eva Kaili et le syndicaliste Luca Visentini. Ces deux derniers ont cependant été libérés tandis que les autres sont toujours sous mandat d'arrêt.

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