Le Congrès américain s'enfonce dans la paralysie: toujours pas de "speaker" à cause de tensions chez les républicains

La Chambre américaine des représentants a clos sa journée mercredi sans parvenir à élire son nouveau président, s'enfonçant un peu plus dans la crise.

Belga
Rep. Kevin McCarthy, R-Calif., talks with Rep. Marjorie Taylor Greene, R-Ga., at the beginning of an evening session after six failed votes to elect a speaker and convene the 118th Congress in Washington, Wednesday, Jan. 4, 2023. (AP Photo/Alex Brandon)
Le républicain Kevin McCarthy (au centre) est suspendu au bon vouloir d'une vingtaine d'élus trumpistes, qui l'accusent d'être trop modéré. ©Copyright 2023 The Associated Press. All rights reserved.

De vives dissensions dans les rangs républicains paralysent complètement le processus de nomination d'un "speaker". Après six votes infructueux depuis mardi, les élus se sont accordés pour suspendre leurs débats jusqu'à jeudi midi heure locale (18h00 HB).

Favori pour remplacer Nancy Pelosi au perchoir, le républicain Kevin McCarthy est suspendu au bon vouloir d'une vingtaine d'élus trumpistes qui l'accusent d'être trop modéré et jouent délibérément les trouble-fête.

Membres de la frange la plus conservatrice du parti, ils profitent de la très fine majorité républicaine décrochée aux élections de mi-mandat de novembre pour poser leurs conditions. Sans leur soutien, Kevin McCarthy ne peut pas être élu.

Kevin McCarthy, membre de l'état-major républicain depuis plus de 10 ans, a déjà accédé à nombre des exigences de ce groupe, sans que cela ne permette de débloquer la situation. Pire, l'opposition à sa candidature semblait se cristalliser.

L'élection du "speaker", le troisième personnage le plus important de la politique américaine après le président et le vice-président, nécessite une majorité de 218 voix. Kevin McCarthy n'a pour le moment pas réussi à dépasser les 203.

L'élu de Californie ne dispose pas pour autant de concurrent crédible. Seul le nom du chef de groupe Steve Scalise circule comme possible alternative, sans que ses chances ne semblent sérieuses.

Le président démocrate Joe Biden a qualifié cette situation d'"embarrassante", assurant que "le reste du monde" suivait la pagaille au Congrès de près.

Ce blocage a des répercussions très concrètes: sans président, les élus ne peuvent pas prêter serment, et donc passer quelconque projet de loi. Les républicains ne peuvent pas non plus ouvrir les nombreuses enquêtes qu'ils avaient promises contre Joe Biden.

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