Climat: plus de glaciers sous nos latitudes d'ici la fin du siècle

Avec les objectifs climatiques actuels, il n'y aura pratiquement plus de glaciers en Europe centrale d'ici la fin du siècle. Et même avec des objectifs plus stricts, ils auront fondu de 60%, selon une étude internationale.

Belga
FILE - Chunks of ice float on Mendenhall Lake in front of the Mendenhall Glacier on Monday, May 30, 2022, in Juneau, Alaska. A study of all of the world's 215,000 glaciers published on Thursday, Jan. 5, 2023, finds even if with the unlikely minimum warming of only a few tenths of a degrees more, the world will lose nearly half its glaciers by the end of the century. With the warming we're now on track to get, the world will lose two-thirds of its glaciers and overall glacier mass will drop by one-third while sea level rises 4.5 inches just from melting glaciers. (AP Photo/Becky Bohrer)
Image d'illustration ©Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Les scientifiques emmenés par David Rounce, de la Carnegie Mellon University à Pittsburgh (USA), ont évalué les données relatives à 215'547 glaciers dans le monde entier, selon ces travaux publiés jeudi dans la revue Science. Du côté des températures, ils ont simulé différents scénarios avec des hausses comprises entre 1,5 et 4 degrés.

Résultats: avec une hausse de 3 degrés à l'horizon 2100, les glaciers d'Europe centrale disparaîtront complètement. Or, avec les objectifs climatiques actuels retenus à l'international, la hausse devrait atteindre 2,7 degrés.

Avec une hausse de 1,5 degré, la fonte des glaciers sous nos latitudes serait de l'ordre de 60%, selon cette étude.

Dans le monde entier, avec le scénario le plus optimiste, les glaciers perdraient 26% de leur masse par rapport à 2015. Dans l'hypothèse la plus pessimiste, ce chiffre serait de 41%.

Ne subsisteraient alors des glaciers que dans les hautes montagnes d'Asie, en Alaska, en Russie, ainsi que dans l'Arctique et l'Antarctique. En parallèle, le niveau des mers s'élèverait de 115 millimètres.

Matthias Huss, co-auteur de ces travaux à l'École polytechnique fédérale de Zurich, souligne que les glaciers sont des réservoirs naturels d'eau douce. Leur disparition signifie que cette eau ne sera plus disponible quand on en a le plus besoin, soit pendant les mois secs d'été.

Les pénuries d'eau qui en découlent auront des conséquences sur l'irrigation, l'eau potable, le transport de marchandises, ainsi que la faune et la flore, entre autres. "Même si nous ne pouvons plus sauver les glaciers dans leur état actuel, chaque dixième de degré de réchauffement évité compte", conclut le chercheur, qui appelle à des mesures plus strictes.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...