Le Parlement européen lance la procédure de levée d’immunité de Marc Tarabella, qui ne souhaite pas "se cacher"

La présidente du Parlement européen Roberta Metsola a lancé une procédure d’urgence pour la levée de l’immunité de deux membres de cette assemblée, à la suite d’une demande des autorités judiciaires belges, ont annoncé lundi ses services.

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Le Parlement européen lance la procédure de levée d’immunité de Marc Tarabella, qui ne souhaite pas "se cacher"
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Ces demandes, dans le cadre de la vaste enquête sur des faits présumés de corruption et de blanchiment d’argent autour du Parlement européen, en lien avec le Qatar et le Maroc, concernent l’élu belge PS Marc Tarabella et l’Italien Andrea Cozzolino, également du groupe des S&D (socialistes et démocrates, deuxième force de l’assemblée). Le communiqué du Parlement européen ne les cite pas, mais une source bien informée confirme qu’il s’agit de ces deux hommes.

Pour rappel, Marc Tarabella avait été perquisitionné début décembre. Dans la foulée, celui qui est aussi bourgmestre d’Anthisnes (province de Liège) a été suspendu par son parti, le PS.

Le domicile de M. Tarabella avait été perquisitionné le 10 décembre dernier, en présence de la présidente Metsola. L’ex-ministre wallon et bourgmestre d’Anthisnes assure n’avoir rien à cacher et collaborer avec la justice. Il nie toute implication dans une quelconque corruption par le régime qatari. Marc Tarabella siège depuis 2004 au Parlement européen où il est notamment, sous cette législature, vice-président de la délégation parlementaire avec la péninsule arabique (DARP).

Pas encore définitif

Selon la procédure, la demande de levée d’immunité doit d’abord être annoncée en plénière, ce qui devrait être le cas le 16 janvier, puis être confiée à la commission des affaires juridiques du Parlement. Cette commission établit ensuite une recommandation, pour ou contre la levée de l’immunité parlementaire, qui doit ensuite être votée en plénière.

La présidente Metsola a demandé à tous les services et commissions de donner priorité à cette procédure, en vue de sa conclusion au 13 février prochain.

Le principal suspect dans cette affaire est l’ex-eurodéputé italien Pier Antonio Panzeri, fondateur de l’ONG “Fight Impunity”. Il est en détention préventive en Belgique, tout comme trois autres protagonistes, l’eurodéputée grecque Eva Kaili et son compagnon Francesco Giorgi, ainsi que Niccolo Figa-Talamanca, responsable de l’ONG “No Peace Without Justice”.

Ces quatre personnalités ont été inculpées pour “appartenance à une organisation criminelle”, “blanchiment d’argent” et “corruption”, dans un scandale qui a provoqué une onde de choc au Parlement européen et des tensions entre le Qatar et l’UE.

”Dès le début, le Parlement européen a fait tout ce qui était en son pouvoir pour aider les enquêtes en cours et nous continuerons à veiller à ce qu’il n’y ait pas d’impunité. Les responsables trouveront ce Parlement du côté de la loi. La corruption ne peut pas payer et nous ferons tout pour la combattre”, a déclaré Roberta Metsola, dans un communiqué.

La Maltaise élabore également des propositions de réforme qui seront présentées dans les semaines à venir, prévoyant une révision des règles actuelles et l’amélioration des systèmes internes, notamment en matière de contrôle.

Tarabella ne souhaite pas "se cacher" derrière son immunité

L'eurodéputé "soutient" la levée de son immunité parlementaire dès lors qu'elle est demandée par la Justice, car il "ne se cache pas derrière cette immunité", a fait savoir lundi son avocat.

"Depuis le début de ce dossier, Marc Tarabella répète qu'il est à la disposition de la justice et a même demandé à être entendu rapidement afin de pourvoir se défendre", a rappelé son conseil, Me Maxim Toller, dans un message à l'agence Belga. "Il a également dit qu'il ne se cacherait pas derrière son immunité parlementaire, n'ayant rien à se reprocher. Il soutient donc sa levée d'immunité si celle-ci est demandée", selon l'avocat.

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