Allemagne: à 97 ans, une ex-secrétaire de camp nazi récemment condamnée fait appel

Une ancienne secrétaire d'un camp de concentration nazi âgée de 97 ans, récemment condamnée à deux ans de prison avec sursis pour complicité de meurtre, a décidé de faire appel, a annoncé mercredi le tribunal allemand d'Itzehoe.

Belga
FILE -- Irmgard Furchner, accused of being part of the apparatus that helped the Nazis' Stutthof concentration camp function, appears in court for the verdict in her trial in Itzehoe, Germay, Tuesday, Dec. 20, 2022. The 97-year-old woman is appealing against her conviction last week by a German court of being an accessory to more than 10,000 murders in her role as a secretary to the commander of the Nazis' Stutthof concentration camp during World War II. (Christian Charisius/Pool Photo via DPA, file)
Irmgard Furchner, 97 ans, s'est vu infliger le 20 décembre une peine de deux ans de prison avec sursis au terme de l'un des ultimes procès sur l'époque nazie en Allemagne. ©(c) dpa/Pool

La Cour fédérale de justice sera chargée d'examiner d'éventuels vices de procédure, a précisé une porte-parole du tribunal dans un communiqué, précisant que d'ici là, le verdict n'était "pas exécutoire".

Un représentant de partie civile a également fait appel, a-t-elle ajouté.

Irmgard Furchner, 97 ans, s'est vu infliger le 20 décembre une peine de deux ans de prison avec sursis au terme de l'un des ultimes procès sur l'époque nazie en Allemagne. Accusée de complicité de meurtres dans plus de 10.000 cas au camp de Stutthof, dans l'actuelle Pologne, elle était jugée depuis septembre 2021.

La condamnation était conforme aux réquisitions du parquet qui avait souligné la "signification historique exceptionnelle" de ce procès, avec un jugement avant tout "symbolique".

Ses deux avocats avaient en revanche demandé un non-lieu. Selon eux, le procès n'a pas prouvé qu'elle avait connaissance des meurtres pratiqués de façon systématique à Stutthof.

Âgée au moment des faits de 18 à 19 ans, Mme Furchner était employée en tant que dactylographe et secrétaire du commandant du camp, Paul Werner Hoppe.

À proximité immédiate des prisonniers, "l'odeur des cadavres était omniprésente" a de son côté estimé le tribunal, considérant "inimaginable que l'accusée n'ait rien remarqué".

L'intéressée s'était déclarée "désolée pour tout ce qui s'est passé" et avait dit "regretté d'avoir été à Stutthof à ce moment-là". Dans ce camp proche de Gdansk (Dantzig à l'époque), environ 65.000 personnes, des détenus juifs, des partisans polonais et des prisonniers de guerre soviétiques, ont été systématiquement tués.

Soixante-dix-sept ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, l'Allemagne continue de rechercher d'anciens criminels nazis encore en vie, illustrant la sévérité accrue, quoique tardive, de sa justice.

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