« Comme si c’était banal de tirer sur un animal »: un chien abattu par la police sous les yeux de son maître

Lors d’une promenade nocturne samedi soir à Lens (France), Mehdi Kechaou a vu son chien Babouche se faire tuer d’une balle dans le flanc par un agent de la police nationale. Une enquête est en cours pour déterminer si l’auteur du coup de feu a agi, ou non, en état de légitime défense.

La Rédaction de L'Avenir
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Mehdi Kechaou habite près du commissariat central de Lens, en France. Chaque soir, le Français de 34 ans a pour habitude de se promener dans la rue avec Babouche, son shar-peï croisé labrador de 10 ans.

Samedi soir, vers 23h, leur balade nocturne prend un tournant tragique. Alors que le maître et son chien se trouvaient aux abords du commissariat, Babouche est tué d’une balle dans le flanc par un agent de la police nationale, selon les informations de La Voix du Nord.

"J’ai entendu des voix au bout de l’avenue, il y avait un groupe. Babouche a trottiné vers eux. C’étaient des policiers", explique Mehdi à La Voix du Nord. "Rappelez votre chien", entend alors le propriétaire. "J’ai vu une première policière sortir sa matraque et faire un mouvement brusque vers Babouche, qui s’est couché immédiatement. Puis un deuxième agent a sorti son arme et tiré une fois."

Le Français ne croit pas directement à une arme réelle. Ce n’est qu’en voyant son chien en sang sur la voie qu’il comprend ce qu’il vient de se produire. "Il est mort dans mes bras", confie Mehdi à La Voix du Nord.

Le dimanche, Mehdi est allé porter plainte pour "sévices graves sur un animal domestique" dans une gendarmerie. Un examen réalisé sur le cadavre de l’animal par un vétérinaire montre que la balle a traversé le corps du chien, perforant le cœur et un poumon.

« Comme si c’était banal de tirer sur un animal»

Ce qui a profondément marqué Medhi Kechaou, c’est "le détachement des policiers sur le moment. Aucun n’est venu vers moi après, comme si c’était banal de tirer sur un animal", raconte-t-il à La Voix du Nord. Si le chien n’entre pas dans la catégorie des "chiens dangereux", la carrure de l’animal reste toutefois impressionnante, reconnaît le maître. Mais, selon lui, Babouche n’avait fait aucun mouvement d’attaque envers les policiers au moment du drame.

Une enquête est actuellement en cours. Elle devra déterminer si l’auteur du coup de feu a agi, ou non, en état de légitime défense.