Guerre en Ukraine : de nombreux prisonniers de guerre ukrainiens et russes torturés, y compris des décharges électriques

Invasion par l’armée russe de l’Ukraine : de nombreux prisonniers de guerre capturés par les forces russes et ukrainiennes sont soumis à de la torture et des mauvais traitements, selon l’ONU ce mardi 15 novembre 2022.

Photo prise dans la région de Kherson ce lundi 14 novembre 2022.
Photo prise dans la région de Kherson ce lundi 14 novembre 2022. ©AFP

De nombreux prisonniers de guerre capturés par les forces russes et ukrainiennes dans le cadre du conflit en Ukraine sont soumis à de la torture et des mauvais traitements, y compris des décharges électriques, a alerté l’ONU mardi.

"L’interdiction de la torture et des mauvais traitements est absolue, même - et surtout - en période de conflit armé", a déclaré la responsable de la Mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine, Matilda Bogner, lors d’une visioconférence depuis Kiev.

Elle a rappelé que les deux pays sont parties à la troisième Convention de Genève, qui fixe les exigences relatives au traitement des prisonniers de guerre.

Au cours des derniers mois, la mission a interrogé 159 prisonniers de guerre (139 hommes et 20 femmes) détenus par la Russie et ses groupes armés affiliés et 175 prisonniers de guerre (tous des hommes) détenus par l’Ukraine.

La mission a bénéficié d’un accès sans entrave aux lieux de détention des prisonniers de guerre contrôlés par le gouvernement ukrainien, mais l’ONU, malgré ses demandes, n’a toujours pas obtenu d’accès confidentiel aux prisonniers de guerre détenus par la Russie et ses groupes armés affiliés.

L’ONU a toutefois pu s’entretenir avec des prisonniers de guerre ukrainiens qui avaient été libérés.

Du côté des prisonniers de guerre capturés par les forces russes, "la grande majorité des personnes que nous avons interrogées nous ont dit avoir été torturées et maltraitées pendant leur détention" de façon quotidienne, a indiqué Mme Bogner.

Dès leur capture, certains des prisonniers ont été battus. Ils ont ensuite été transportés vers leur lieu de détention, "souvent dans des camions ou des bus surpeuplés", sans avoir toujours accès à l’eau ou à des toilettes pendant plus d’une journée. 

"Leurs mains étaient attachées et leurs yeux recouverts de ruban adhésif si serré qu’il laissait des blessures sur leurs poignets et leur visage", a relaté Mme Bogner.

A leur arrivée dans certains lieux de détention, les prisonniers de guerre sont soumis à des "procédures d’admission", selon les témoignages recueillis par l’ONU, durant lesquelles ils sont passés à tabac de façon prolongée, menacés, attaqués par des chiens ou déshabillés.

L’ONU a également reçu des "allégations crédibles" d’exécutions sommaires de prisonniers de guerre russes capturés par les forces ukrainiennes et de plusieurs cas de torture et de mauvais traitements.

"Nous avons documenté des cas de torture et de mauvais traitements, principalement lorsque des personnes étaient capturées, ou pendant qu’elles étaient soumises à un premier interrogatoire ou transférées dans des camps de transit et des lieux de détention", a expliqué Mme Bogner.