COP27 : les leaders ont parlé mais peu d’avancées sur les sujets qui fâchent

Le lancement de la COP27, dimanche dernier, a vu pour la première fois le sujet des pertes et préjudices dus aux changements climatiques être inscrit officiellement à l’ordre du jour d’une COP. Mais...

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La 27e Conférence de l’Onu sur le climat (COP27) va entamer sa seconde semaine lundi à Charm el-Cheikh, en Égypte; après un premier round marqué notamment par le sommet des leaders, qui a vu une centaine de chefs d’État et de gouvernement, dont Alexander De Croo, faire le voyage jusque sur les bords de la mer Rouge. Mais peu d’avancées ont été engrangées sur les sujets qui fâchent, comme le financement climat et la question des pertes et préjudices. Quant à l’ambition des Etats, elle est toujours bien trop faible par rapport à l’urgence climatique.

Le lancement de la COP27, dimanche dernier, a vu pour la première fois le sujet des pertes et préjudices dus aux changements climatiques ("loss and damage", dans le jargon des négociations climat) être inscrit officiellement à l’ordre du jour d’une COP, à la satisfaction des pays pauvres et vulnérables, qui bataillent depuis des lustres pour que cette question soit prise en compte et fasse l’objet d’un financement ad hoc. Mais les pays développés, historiquement les plus gros émetteurs et donc les plus responsables du réchauffement climatique, renâclent sur ce sujet.

A Glasgow, la mise en place d’un "dialogue" sur les pertes et préjudices, devant se poursuivre jusqu’à 2024, avait été concédée mais cela n’a pas suffi à évacuer la discussion, qui revient donc avec insistance cette année à Charm el-Cheikh. Pour les ONG, la COP27 ne sera un succès que si elle accouche d’un mécanisme de financement propre aux pertes et dommages.

Sur le financement climat, on sait que les pays riches ont échoué à respecter leur promesse d’atteindre en 2020 100 milliards de dollars par an pour les pays du Sud, ce qui nuit fortement à la confiance entre les négociateurs. Les pays développés affirment pouvoir atteindre les 100 milliards pour 2023 mais la première semaine de la COP27 n’a pas permis de grands progrès à cet égard. On a vu le président français Emmanuel Macron mettre la pression sur les États-Unis et la Chine pour que ces deux pays, les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, soient aux rendez-vous en matière de solidarité financière et de réduction des émissions de carbone. Les États-Unis contribuent en effet quatre moins que les Européens au financement climat pour un PIB pourtant supérieur.

Cette première semaine de la COP27 a donné lieu à plusieurs annonces, comme le lancement d’une plateforme internet qui répertorie les émissions de plus de 72.000 sites à travers le monde. La présidence égyptienne et l’organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) sont à l’origine de l’initiative "FAST" visa à rendre plus durables les systèmes agroalimentaires et améliorer la sécurité alimentaire face au dérèglement climatique.

Durant la semaine, la Belgique a pour sa part annoncé un partenariat avec le Mozambique pour aider la population de ce pays du sud de l’Afrique à mieux se protéger contre les conséquences du changement climatique. Ce programme est prévu jusqu’en 2028 et voit la Belgique y consacrer une enveloppe de 25 millions d’euros, dont 2,5 millions d’euros seront spécifiquement alloués au volet des pertes et préjudices.

Notre pays a également rejoint huit autres États dans une alliance internationale destinée à encourager le développement de l’éolien en mer. Enfin, le Premier ministre Alexander De Croo et le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi ont annoncé mercredi le lancement d’un forum mondial sur l’hydrogène renouvelable (Global Green Hydrogen Forum).

Mais l’ambition climat des près de 200 pays présents à Charm el-Cheikh est toujours trop faible, comme l’a rappelé le Secrétaire général de l’Onu. L’humanité doit choisir entre "solidarité" et "suicide collectif", a lancé Antonio Guterres à l’ouverture de la COP27, estimant que "nous sommes sur l’autoroute vers l’enfer climatique, avec le pied toujours sur l’accélérateur".

Une kyrielle de rapports publiés en prélude à la COP27 montrent en effet qu’à politiques inchangées, la hausse du mercure atteindra 2,8°C d’ici la fin du siècle. Même les promesses actuellement sur la table, à condition qu’elles soient bien mises en œuvre, limiteraient au mieux le réchauffement à +2,4°C, ce qui dépasse largement l’objectif de l’accord de Paris de contenir le réchauffement bien en-deça de 2°C et si possible à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

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