Une oeuvre de Warhol ciblée par des militantes pro-climat en Australie (vidéo)

L’une des oeuvres célèbres « Campbell’s Soup » d’Andy Warhol, exposée en Australie, a été mercredi la cible de manifestantes pro-climat qui ont collé leurs mains sur ses protections transparentes, sans l’endommager, dernier épisode d’une série d’actions similaires visant des oeuvres d’art connues à travers le monde.

Une oeuvre de Warhol ciblée par des militantes pro-climat en Australie (vidéo)
©-Capture d’écran Twitter

Cette action a été menée au sein de la Galerie nationale d’Australie à Canberra par un groupe dénommé "Stop Fossil Fuel Subsidies Australia", qui s’oppose aux subventions des énergies fossiles.

Une vidéo partagée en ligne montre l’une des deux manifestantes recouvrant sa main de colle avant de la plaquer sur la protection de la toile "Campbell’s Soup Cream of Mushroom", acquise par le musée australien en 2006.

Les deux activistes ont également dessiné des graffitis sur les protections des différentes toiles qui composent l’oeuvre, sans les abîmer, a fait savoir la Galerie nationale. Les protections ont été ensuite retirées pour être nettoyées.

Dans un communiqué, le musée rapporte cette "manifestation" soulignant qu’elle est survenue "à la suite d’incidents similaires ici et à l’étranger".

"La Galerie nationale ne souhaite pas promouvoir ces actions et ne fera plus de commentaires."

La sérigraphie "Campbell’s Soup" de Warhol, réalisée dans les années 1960, est l’un des symboles les plus reconnaissables du mouvement "pop art" américain.

"Warhol a pris pour thématiques des sujets de tous les jours qui ont eu une résonance en raison de leurs origines familières (...) comme la simple conserve de soupe Campbell", a écrit le musée, dans sa présentation du tableau.

« Danger du capitalisme »

Les militantes de défense du climat ont expliqué avoir choisi la sérigraphie pour souligner le "danger du capitalisme".

"Andy Warhol a dépeint le consumérisme devenu fou dans sa série emblématique. Et maintenant, le capitalisme est devenu fou", a déclaré la manifestante Bonnie Cassen, dans un communiqué.

"Des familles doivent aujourd’hui choisir entre (acheter) des médicaments ou de la nourriture pour leurs enfants tandis que les compagnies pétrolières enregistrent des bénéfices records."

Les activistes ont également souligné les échecs du gouvernement de Canberra à mettre fin aux subventions des contribuables au secteur des énergies fossiles.

Une analyse publiée cette année par l’Institut d’Australie, un think tank indépendant, a mis en évidence que le pays a versé plus de 11 milliards de dollars australiens (7,1 milliards d’euros) de subventions aux énergies fossiles en 2021 et 2022.

"Notre gouvernement doit arrêter de subventionner l’industrie des combustibles fossiles", a fustigé Bonnie Cassen.

« Nous n’avons qu’un temps limité. »

"Stop Fossil Fuel Subsidies Australia" explique faire partie d’un "réseau mondial de résistance civile", un groupe informel de militants pour la défense de l’environnement et du climat qui ont fait la Une ces dernières semaines en dégradant les protections d’oeuvres d’art inestimables.

D’autres militants pro-climat ont récemment collé leurs mains sur une peinture de Goya à Madrid, projeté de la soupe à la tomate sur les "Tournesols" de Van Gogh à Londres, et étalé de la purée de pommes de terre sur un chef-d’oeuvre de Claude Monet à Potsdam, près de Berlin.

Si les peintures sont restées indemnes, l’incident des "Tournesols" a entraîné des dégâts légers sur le cadre de la toile de Van Gogh.

En octobre, deux manifestants en Australie avaient également collé leurs mains sur la protection en plexiglas de "Massacre en Corée", réalisé par Picasso et exposé temporairement dans un musée de Melbourne.