Le président du RN juge les propos du député Fournas à l’Assemblée « pas très fins »

Le nouveau président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella a jugé lundi que les propos du député RN Grégoire de Fournas à l’Assemblée nationale jeudi n’étaient « pas très fins » et a annoncé qu’il ne deviendrait pas porte-parole du parti.

 Grégoire de Fournas avait tenu des propos jugés racistes envers un élu LFI.
Grégoire de Fournas avait tenu des propos jugés racistes envers un élu LFI. ©AFP

"Par principe, j’ai toujours choisi mes mots avec soin pour éviter toute ambiguïté ou toute incompréhension parce que je pense que c’est important quand on est un responsable politique", a déclaré M. Bardella au micro de RTL.

Il a assuré que lui-même n’aurait pas prononcé ces mots mais a rappelé que le bureau de l’Assemblée nationale qui a sanctionné lourdement vendredi le député, n’avait "pas reconnu" l’accusation de racisme, retenant la notion de provocation de "scène tumultueuse".

Le député Grégoire de Fournas a l’interdiction de paraître au Palais Bourbon pendant quinze jours de séance et se voit privé de la moitié de son indemnité parlementaire pendant deux mois, après avoir lancé jeudi " qu’il retourne en Afrique " lors d’une intervention de l’élu LFI Carlos Martens Bilongo, qui s’exprimait sur le "drame de l’immigration clandestine" pendant la séance de questions au gouvernement. 

Depuis, le RN assure qu’il parlait des bateaux de migrants et non du député d’origine congolaise. 

"Je lui ai dit que c’était pas très fin", a déclaré Jordan Bardella. 

Il a par ailleurs assumé que le député de Gironde ne serait "pas porte-parole" du parti. "Ce n’était pas prévu, ça a été une hypothèse qui a été évoquée, je sais que ça a été relaté dans un article de presse il y a plusieurs semaines", a-t-il expliqué, réfutant toute "mise à l’écart".  

Le RN a en outre expliqué à l’AFP que Grégoire de Fournas, candidat au conseil national du parti, avait "fait le choix, avant l’annonce des résultats, d’(en) démissionner", confirmant une information du Monde. Il s’agissait de "pas porter préjudice à la victoire de Jordan Bardella et au Congrès", a-t-on ajouté, précisant qu’il était arrivé 62e.