L’ancien Premier ministre Kaczynski estime que les Polonaises boivent trop

Le chef du parti conservateur nationaliste au pouvoir en Pologne, et éphémère Premier ministre de 2006 à 2007, Jaroslaw Kaczynski, a déploré ce week-end la faible natalité dans son pays, qu’il a attribuée à la consommation excessive d’alcool par les jeunes femmes, s’attirant une avalanche de critiques dans l’opposition et dans les médias indépendants.

 Jaroslaw Kaczynski
Jaroslaw Kaczynski ©Photo News

Prenant la parole samedi à Elk (nord-est), il a estimé que la démographie polonaise souffrait, entre autres, d’"une certaine attitude des gens et notamment des dames". 

"Si on voit se maintenir la situation où, jusqu’à 25 ans, les jeunes femmes boivent autant que les hommes du même âge, il n’y aura pas d’enfants. Rappelez-vous qu’un homme, pour devenir alcoolique, doit dépasser la mesure pendant vingt ans en moyenne (...) et une femme pendant seulement deux ans", a-t-il dit. 

M. Kaczynski a précisé tenir ces renseignements d’un médecin, qui lui avait dit avoir "réussi à guérir de l’alcoolisme un tiers de ses patients hommes mais aucune femme".

Enfin, il a souligné qu’il n’était pas favorable à ce que les femmes aient des enfants à un très jeune âge, parce que "la femme doit mûrir pour être mère". "Mais si, jusqu’à l’âge de 25 ans, elle picole beaucoup - là, je plaisante un peu - ce n’est pas de bon augure en la matière."  

M. Kaczynski, qui effectue une tournée en province pour mobiliser les cadres de son parti Droit et Justice (PiS) en vue des élections parlementaires de 2023, a repris le sujet dimanche à Olsztyn (nord-est).

"J’ai dit hier que les jeunes femmes entrent en compétition avec les hommes concernant la consommation d’alcool. C’est objectivement nuisible. Et un responsable politique honnête, s’il le sait, doit en parler, parce que c’est nuisible." 

Selon l’Office central des statistiques, la natalité baisse en Pologne depuis quelques années et son taux est tombé en 2020 à 1,378 (contre un niveau de 2,1 nécessaire pour éviter une baisse de la population).

Le PiS, au pouvoir depuis 2015, a cherché à y remédier en créant notamment une allocation de plus de cent euros par enfant à partir du deuxième.

Selon les milieux féministes et l’opposition, le durcissement de la loi limitant strictement l’avortement, y compris en cas de malformation de l’embryon, a pu inciter certaines femmes à éviter de tomber enceintes.