2 nouvelles femmes, dont une Belge, témoignent contre PPDA : «Je me suis retournée, il avait baissé son pantalon»

Deux nouveaux témoignages accusant Patrick Poivre d’Arvor de violences sexuelles viennent d’être portés à la connaissance du parquet de Nanterre. Des récits glaçants.

La Rédaction de L'Avenir
 Patrick Poivre d'Arvor, photographié en 2019.
Patrick Poivre d'Arvor, photographié en 2019. ©BELGA

Deux nouvelles plaintes à l’encontre de Patrick Poivre d’Arvor viennent d’être révélées, par Le Parisien.

Il s’agit du témoignage de Maïté, une Belge de 49 ans, et d’Alejandra, une Franco-Argentine de 56 ans. Toutes les deux dénoncent des viols. Pour la Belge, il aurait eu lieu dans les bureaux de TF1, en 2005. Pour la Franco-Argentine, il daterait de 1992.

Les faits sont prescrits, mais ils s’ajoutent aux 19 plaintes déjà enregistrées depuis le début de l’enquête. L’ex-présentateur du 20 Heures continue de nier les faits. Au mois de mai 2022, il a même attaqué les premières plaignantes pour dénonciations calomnieuses. À ce jour, il reste présumé innocent

PPDA profite de la maladie de Maïté pour l’abuser

Dans son récit, Maïté explique dans un premier temps qu’elle n’aurait jamais osé témoigner, sans les autres témoignages : " J’ai compris que je ne risquais plus rien à parler et qu’il fallait le faire pour soutenir Florence ". C’est pourquoi elle a envoyé une plainte au parquet de Nanterre ce dimanche 25 septembre. Elle sera reçue la semaine prochaine pour une audition, à l’instar d’Alejandra.

En 1998, alors qu’elle souffre de troubles alimentaires, Maïté prend contact avec PPDA dans l’espoir d’être mise en relation "avec de bons médecins spécialisés". À sa grande surprise, le présentateur de TF1 lui répond. Ils se parlent même plusieurs fois. Puis un jour, en 2005, il lui dit : "Venez à TF1, on va se rencontrer".

J’ai compris qu’il voulait que je le dédommage de l’aide qu’il m’avait apportée. Comme si je devais être gentille avec lui, après que lui ait été gentil avec moi

Accompagnée de son mari, la Belge se rend au rendez-vous et assiste aux 20 Heures depuis les coulisses. À la fin, elle se fait conduire dans le bureau de Poivre d’Arvor. Alors qu’elle regarde les étagères, PPDA se lève. "À un moment, il s’est levé de son bureau et il est passé derrière moi. Il a dit: notre relation est quand même très forte, elle est aussi sexuelle. Et quand je me suis retournée, il avait baissé son pantalon. J’ai compris qu’il voulait que je le dédommage de l’aide qu’il m’avait apportée. Comme si je devais être gentille avec lui, après que lui ait été gentil avec moi. J’étais bloquée. Je l’ai fait. Tout s’est déroulé très vite", décrit-elle au Parisien.

Après avoir contacté des thérapeutes, Maïté comprend : "Je n’avais pas accepté cette fellation, j’avais été mise devant le fait accompli. Il avait abusé de ma fragilité alors qu’il connaissait parfaitement ma maladie, puisque c’était celle de sa fille. Il m’a d’abord aidé puis il en a profité".

Par peur du scandale, la Belge de 49 ans ne se rendra jamais à la police.

Il avait abusé de ma fragilité alors qu’il connaissait parfaitement ma maladie, puisque c’était celle de sa fille. Il m’a d’abord aidé puis il en a profité

Comme pour Maïté, les faits se passent dans le bureau de PPDA à TF1

Pour Alejandra, les faits datent du mois de mai 1992. Alors qu’elle soupe au restaurant de Saint-Germain-des-Prés avec une amie, elle croise le journaliste : "Il s’approche de notre table, discute, me demande ce que je fais dans la vie". La Franco-Argentine est alors journaliste rock. PPDA lui propose donc de découvrir les coulisses de son JT.

Elle se rend dans les bureaux de TF1 et assiste aux 20 Heures. À la fin, l’assistante de Poivre d’Arvor vient la chercher, il veut connaître son avis sur son journal télévisé.

Il s’approche et me prend pour me jeter sur la moquette et me viole

Très vite, il change de sujet et pose des questions indiscrètes. Après un compliment sur la minceur d’Alejandra, il se lève : "Il s’approche et me prend pour me jeter sur la moquette et me viole. Je suis en état de choc, paralysée. Je dissocie mon corps de ma tête, en fixant quelques objets. Quand il a fini, il me fait comprendre qu’il faut partir".

"Je me sentais sale et conne", explique-t-elle au Parisien. Pendant plusieurs années, Alejandra ne parlera pas de ce viol à ses proches. Aujourd’hui, elle souhaite que Patrick Poivre d’Arvor réponde de ses actes.