PPDA poursuivi pour viols malgré la prescription? La cour d’appel a annulé le classement sans suite

En juin dernier, la cour d’appel de Versailles a annulé le classement sans suite des plaintes pour viols à l’encontre de Patrick Poivre d’Arvor. Une décision qui pourrait aboutir à des poursuites si l’ex-présentateur du JT de TF1 est reconnu coupable.

La Rédaction de L'Avenir
 Patrick Poivre d’Arvor continue de nier en bloc les accusations.
Patrick Poivre d’Arvor continue de nier en bloc les accusations. ©AFP

Alors que le livre choc "Impunité", dont l’autrice Hélène Devynck accuse PPDA de viol, s’apprête à sortir ce vendredi, l’affaire va-t-elle rebondir suite à une décision de justice? France Inter rapporte que la cour d’appel de Versailles a annulé le classement sans suite de la plainte pour viols de Florence Porcel.

L’écrivaine avait été la première à porter plainte contre Patrick Poivre d’Arvor. Elle l’accuse de l’avoir forcée à un rapport sexuel en 2004 et à une fellation en 2009.

Sa prise de parole avait poussé de nombreuses femmes à témoigner contre l’ancien présentateur vedette du JT de TF1. En quelques semaines, sept autres femmes s’étaient ajoutées à la procédure initiée par Florence Porcel. Au total, ce sont plus de 20 femmes qui accusent PPDA de viol ou d’agression sexuelle.

Malheureusement, dans le cadre de la plainte de Florence Porcel, les faits remontant à 2004 étant prescrits, ils avaient été classés sans suite en juin 2021.

La notion de «sérialité» pour contourner la prescription

Une décision sur laquelle la cour d’appel de Versailles est donc revenue au début de l’été en s’appuyant sur une jurisprudence de la Cour de cassation qui suspendait la prescription pour "sérialité". Il s’agit d’un argument juridique rarement utilisé indiquant que si des faits prescrits ont un "lien précis" - même auteur, même profil de victime et mode opératoire similaire - avec des faits non-prescrits, la justice peut reprendre les investigations sur le dossier.

"Il y a le même mode opératoire concernant la volonté d’intimider, une cohérence entre les plaintes, les victimes ont ce même profil de jeunes journalistes ou autrices et l’auteur des faits est le même", explique auprès de "l’Obs" une avocate spécialisée dans les violences faites aux femmes, qui ajoute que cela "va faire jurisprudence" et que les magistrats vont reprendre les investigations sur le dossier..

Cette décision de justice pourrait donc impacter les autres plaintes à l’encontre de Patrick Poivre d’Arvor, et notamment celles déposées par Bénédicte Martin et Anne Cauquil-Gleizes, comme l’a révélé Libération ce lundi.

En effet, si un lien est établi entre celles-ci et un acte non prescrit, la sérialité l’emporterait ainsi sur la prescription et les magistrats pourraient lancer des poursuites contre l’homme de 75 ans et le renvoyer devant un tribunal ou une cour d’assises.

De son côté, PPDA continue de nier en bloc les accusations. Toujours présumé innocent, il a réagi à la sortie du livre d’Hélène Devynck par l’intermédiaire de son avocat. Selon Philippe Naepels, la journaliste de 55 ans "en répondra devant un juge, à l’instar de toutes ces fausses victimes."