L’ONU dénonce un «catalogue de cruautés» en Ukraine, Moscou rejette les accusations

Le secrétaire général de l’ONU a appelé à enquêter sur le « catalogue de cruautés » qui ont lieu en Ukraine, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur l’« impunité » des crimes commis depuis l’invasion du pays par la Russie.  

Belga
L’ONU dénonce un «catalogue de cruautés» en Ukraine, Moscou rejette les accusations
©AFP

Les rapports des services humanitaires de l’ONU "sont un catalogue de cruautés: exécutions sommaires, violence sexuelle, torture et autres traitements inhumains et dégradants contre les civils et les prisonniers de guerre", a déclaré Antonio Guterres à l’ouverture de cette réunion à laquelle participe M. Lavrov. 

"Toutes ces accusations doivent faire l’objet d’enquêtes, pour garantir la responsabilité", a ajouté M. Guterres. "Les auteurs doivent être tenus pour responsables lors de procédures judiciaires justes et indépendantes. Les victimes et leurs familles ont droit à la justice et à la réparation".

"Les sept derniers mois ont été marqués par une souffrance et une désolation indicibles", a-t-il encore commenté.

"Il n’y a pas de paix sans justice", a déclaré de son côté la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, qui préside la réunion, notant que les responsables "doivent répondre" de leurs crimes.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, interrogé peu avant la réunion sur le fait d’être dans la même pièce que Sergueï Lavrov, a lui noté qu’il respecterait "une distanciation sociale".

Le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan, participe également à cette réunion, alors que la CPI a ouvert une enquête en Ukraine sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés quelques jours seulement après l’invasion russe du 24 février.

Le ministre russe des Affaires étrangères a rejeté jeudi, lors de cette réunion spéciale du Conseil de sécurité, les accusations occidentales affirmant que "Kiev doit son impunité à ses partenaires occidentaux".

Le ministre a profité de la tribune pour lancer une diatribe contre "l’Etat totalitaire nazi" en place selon lui à Kiev et l’impunité de l’Ukraine pour ses agissements depuis 2014.

"Les Etats-Unis et leurs alliés avec la connivence d’organisations internationales des droits de l’Homme ont couvert les crimes commis par le régime de Kiev", a accusé M. Lavrov en écho à ses pairs qui ont eux évoqué les abus de l’armée russe en Ukraine et condamné l’invasion.

M. Lavrov, qui ne s’était pas exprimé en public en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, a également rejeté d’avance le travail de la Cour pénale internationale dans laquelle la Russie "n’a aucune confiance", a-t-il dit.

La décision de lancer l’opération militaire spéciale, comme le qualifie Moscou, était "inévitable", a-t-il conclu.