Une affiche publicitaire antivax fait polémique en France: «Une communication mensongère et manipulatoire»

Dans la ville de Toulouse, plusieurs affiches des messages antivaccins ont été placardées sur des panneaux publicitaires depuis le début de l’été. De quoi susciter la colère des professionnels de la santé et de la Mairie.

La Rédaction de L'Avenir
 L’affiche indigne le monde de la santé et les pouvoirs publics.
L’affiche indigne le monde de la santé et les pouvoirs publics. ©Twitter

Très actifs sur les réseaux sociaux depuis le début de la campagne de vaccination contre le Covid-19, les collectifs antivaccins ont également décidé d’investir les panneaux publicitaires. À Toulouse, une affiche visible depuis quelques jours fait polémique.

"Un accident cardiovasculaire pour 100 injections: la santé de nos enfants vaut mieux que des vaccins expérimentaux", peut-on lire sur cette affiche aux forts relents antivax, située sur une résidence privée de la ville du sud ouest de la France.

Derrière cette affiche, on retrouve deux organisations controversées: l’autoproclamé "Conseil scientifique indépendant" et "Réinfo Covid", dont les membres s’opposent à la vaccination en raison de supposés effets secondaires dangereux.

Le monde médical s’indigne mais la Mairie est impuissante

Ce message complotiste visible en pleine rue interpelle les professionnels de la santé, comme le médecin généraliste Jérôme Marty, qui demande à la Mairie de "ne pas laisser impunie cette communication mensongère et manipulatoire produite par un organisme complotiste aux dérives sectaires."

De son côté, le Conseil national de l’Ordre des médecins assure avoir alerté la préfecture.

Ce n’est pas la première fois qu’un message du genre se retrouve sur une affiche à Toulouse. Depuis le début de l’été, la "Ville Rose" est au cœur d’une campagne de pub antivax avec pas moins de 9 affiches recensées.

L’intention de la Ville est de faire enlever ces affiches de propagande, mais ce n’est pas si simple en pratique. Et pour cause, les panneaux publicitaires sur lesquels elles sont placardées appartiennent à une société privée. La seule solution pour les faire enlever serait qu’elles provoquent un trouble à l’ordre public, ce qui n’est pas le cas pour le moment, selon le journaliste Stéphane Thépot.

Un message factuellement faux

Si ce genre de message complotiste irrite le monde médical et les pouvoirs publics, c’est parce qu’il est factuellement faux. Sur 147.960.500 injections de vaccin anti-Covid réalisées en France à la date du 21 juillet 2022, 175.474 cas déclarés d’effets indésirables ont été observés, dont 76% non graves. Ce qui est bien loin des chiffres avancés sur l’affiche controversée, d’autant plus qu’un effet indésirable déclaré n’est pas forcément imputable au vaccin.

En Belgique, 38.626 rapports d’effets indésirables, dont 61% d’effets non-graves, ont été notifiés à l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé sur plus de 25 millions de doses de vaccin anti-Covid administrées. Par ailleurs, seuls 4 décès sont considérés comme "probablement liés au vaccin" à ce jour dans notre pays, selon les chiffres de l’AFMPS.