60 ans du décès de Marilyn Monroe: une icône loin des clichés

Soixante ans après son décès, Marilyn reste l’une des rares actrices dont le prénom suffit à évoquer un univers empreint de glamour, de paillettes et de nostalgie.

Belga
La Rédaction de L'Avenir

Ce jeudi 4 août 2022 marquera les 60 ans du décès de la mythique actrice. Si beaucoup pensent connaître Marilyn Monroe, star hollywoodienne par excellence, Norma Jean Baker, née en 1926 et décédée inopinément le 4 août 1962, reste encore une énigme. Personnalité complexe, loin des clichés genrés de la blonde écervelée, elle maîtrisait un jeu d’actrice solide et était capable d’exceller dans les comédies comme dans les drames.

Les évocations de Marilyn Monroe sont la plupart du temps limitées à l’énumération de ses caractéristiques physiques les plus connues, de sa blondeur diaphane à ses mensurations qui firent d’elles l’une des actrices les plus photographiées. Ces caractéristiques mythiques qui ont d’ailleurs inspiré Andy Warhol pour son œuvre "Shot Sage Blue Marilyn", un tableau exécuté en 1964 et vendu 195 millions de dollars ce lundi 9 mai 2022 à New York.

Force est de constater que l’icône a pris le pas sur l’actrice, la femme, l’être humain. "Elle est plus connue pour être Marilyn que l’actrice qu’elle a été", souligne Marion Hallet, collaboratrice scientifique à l’UNamur et spécialiste du cinéma. "Toutefois, c’était déjà le cas de son vivant. Elle a souvent été minimisée, limitée à ce symbole sociétal de la blonde idiote."

Une carrière remarquable au second plan

Un stéréotype qui a la vie dure et que de nombreux critiques et experts du cinéma tentent aujourd’hui de déconstruire, soulignant la riche filmographie d’une actrice qui se frotta aux plus grands noms de la réalisation hollywoodienne, de Billy Wilder à Mankiewicz, en passant par George Cukor, Otto Preminger et Fritz Lang. "Elle a eu une carrière remarquable aussi bien à l’écran qu’en dehors. Elle est devenue productrice, n’a pas hésité à quitter Hollywood au sommet de sa gloire pour suivre des cours à l’Actor’s Studio de Lee Strasberg à New York, ce qui était tout à fait inhabituel pour l’époque", explique Marion Hallet. "Cela lui a permis de revenir plus forte à Hollywood et de renégocier son salaire."

De nombreux témoignages de proches et des documents retrouvés chez l’actrice témoignent en outre d’une personnalité riche, mature, passionnée par la littérature et l’histoire de l’art. En proie à une remise en question quasi maladive, Marilyn cherche à se comprendre et suit plusieurs thérapies, dont des psychanalyses, et prend régulièrement la plume pour noircir de petits carnets où transparaît une sensibilité à fleur de peau. Elle y décortique ses rêves, ses sentiments et sa carrière, source de nombreuses frustrations.

Le miroir de notre société

L’histoire personnelle de Marilyn trouve également un écho dans notre société contemporaine. En 2017, l’affaire Weinstein, résumée par le #MeToo, révèle les abus quasi systématiques dont sont victimes les actrices au sein de l’industrie américaine du cinéma. Un constat qui appelle à une remise en question du modèle de production et des représentations hypersexualisées des corps féminins proposées à l’écran.

Cette réalité s’impose toutefois dès les balbutiements du cinéma et dans l’histoire de l’actrice, souvent pilotée par des producteurs dont le premier objectif était d’exploiter sa plastique pour engranger des profits. "La vision que le grand public et le milieu du cinéma avaient de Marilyn est un miroir qui nous renvoie la façon dont fonctionnait notre société", relève l’experte. "Le fait de réévaluer les questions liées au genre et aux représentations dans le cinéma peut amener à essayer de comprendre pourquoi elle a été traitée comme elle le fut. Je suis persuadée que l’on va de plus en plus redécouvrir et réévaluer Marilyn."