L’euro à nouveau au plus bas depuis 2002, rien n’arrête le dollar

L’euro poursuivait son recul face au dollar mercredi, atteignant un nouveau plus bas depuis deux décennies en raison des inquiétudes qui pèsent sur l’économie du Vieux continent.

Belga
 L’euro a cédé «sous l’effet cumulé de craintes de récession en Europe et de turbulences financières alimentées par une nouvelle flambée des prix de l’énergie dans la région.
L’euro a cédé «sous l’effet cumulé de craintes de récession en Europe et de turbulences financières alimentées par une nouvelle flambée des prix de l’énergie dans la région. ©BELGA/AFP

Vers 09H15 GMT (11H15 à Bruxelles), l’euro cédait 0,38% à 1,0228 dollar, après avoir reculé jusqu’à 1,0227 dollar, un plus bas depuis décembre 2002.

L’euro a cédé "sous l’effet cumulé de craintes de récession en Europe et de turbulences financières alimentées par une nouvelle flambée des prix de l’énergie dans la région (notamment les prix du gaz et de l’électricité)", explique Guillaume Dejean, analyste chez Western Union.

"Il y a de bonnes raisons de penser que la Russie va continuer de diminuer ses exportations de gaz vers l’Europe", ce qui laisse planer le risque d’une crise du gaz et rend l’euro peu attractif, commente Ulrich Leuchtmann, analyste chez Commerzbank.

Si les craintes d’une récession occupent les esprits des investisseurs à travers le monde, les Etats-Unis pourraient résoudre leurs problèmes en assouplissant leur politique monétaire alors que les Européens peineraient à compenser leur manque de gaz, poursuit l’analyste.

Par ailleurs, "la crédibilité de la Banque centrale européenne (BCE) a été érodée" par sa "réaction excessive" à une augmentation de l’écart dans les taux d’emprunts de pays membres de la zone euro, estime Kit Juckes, analyste chez Société Générale, qui juge donc l’euro "impossible à acheter" cet été.

La devise "est tellement peu attractive que même une crise politique majeure ne permet pas à l’euro de remonter face à la livre!", souligne-t-il.

La livre prenait en effet 0,27% à 85,70 pence pour un euro, alors que les incertitudes s’amoncèlent sur le futur du Premier ministre britannique Boris Johnson après les démissions spectaculaires de deux de ses ministres.

Fragilisé mais déterminé à rester, Boris Johnson défendra son poste à midi (11H00, heure de Bruxelles) au Parlement lors de la séance hebdomadaire de questions au Premier ministre qui s’annonce électrique.