Après la chute de Marioupol, «feu intense» dans le Donbass

Après la chute de Marioupol vendredi, avec la reddition de la dernière poche de résistance ukrainienne dans l’aciérie Azovstal, la Russie concentre à présent ses efforts militaires dans l’est et le sud du pays, tandis qu’elle a échoué à prendre Kiev et Kharkiv, la deuxième ville ukrainienne (nord-est).

Belga
 Des soldats russes.
Des soldats russes. ©AFP

"L’ennemi ne cesse de mener des opérations offensives dans la zone opérationnelle orientale afin d’établir un contrôle total du territoire des régions de Donetsk et de Lougansk et de maintenir le corridor terrestre avec la Crimée temporairement occupée", a indiqué l’état-major des forces ukrainiennes sur Facebook samedi matin.

Dans le bassin houiller du Donbass, partiellement contrôlé depuis 2014 par des séparatistes prorusses, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a assuré que la conquête de la région de Lougansk était "presque achevée".

Le porte-parole du ministère ukrainien de la Défense, Oleksandre Motouzianyk, a avancé que la situation "montrait des signes d’aggravation", et que " les forces d’occupation russe mènent un feu intense sur toute la ligne de front".

"Pendant que nous résistons, nos troupes reçoivent des armes étrangères, se réarment, se regroupent, et je pense qu’en juin nous verrons la contre-attaque", a toutefois assuré dans la nuit de vendredi à samedi le gouverneur local Serguiï Gaïdaï.

Des frappes russes avaient fait 12 morts et 40 blessés jeudi à Severodonetsk, dans la région de Lougansk, selon Gaïdaï, une attaque qualifiée par Zelensky de "brutale et absolument inutile", tandis que les habitants terrorisés et recroquevillés dans les sous-sols décrivaient un interminable calvaire.

Severodonetsk et Lyssytchansk, séparées par une rivière, constituent la dernière poche de résistance ukrainienne dans la région.

Alors que les négociations menées il y a quelques semaines sous médiation turque sont au point mort, l’Italie a indiqué vendredi avoir proposé la constitution d’un "groupe international de facilitation composé d’organisations internationales" comme l’ONU, l’UE et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). "L’objectif est de travailler pas à pas (...) en partant par exemple des trêves localisées, de l’évacuation des civils, de la possibilité d’ouvrir des couloirs humanitaires sécurisés, et ensuite évidemment de monter en puissance pour arriver à un cessez-le-feu général, puis une paix durable avec un véritable accord de paix", a expliqué le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio à Turin.