Elargissement de l’Otan: Washington «travaille à clarifier la position de la Turquie»

Washington « travaille à clarifier la position de la Turquie » après que le président Recep Tayyip Erdogan a menacé de bloquer l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Otan, a déclaré vendredi la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki.

Belga
 Joe Biden
Joe Biden ©AFP

Les États-Unis cherchent "à mieux comprendre la position de la Turquie", a précisé le porte-parole du Pentagone, John Kirby, affirmant que le pays était "un allié précieux de l’Otan" et que cela n’avait "pas changé". La Turquie "a été impliquée et efficace pour tenter d’établir un dialogue entre la Russie et l’Ukraine, et elle a apporté une assistance à l’Ukraine", a-t-il ajouté. "Donc rien ne change quant à sa position dans l’alliance de l’Otan."

Recep Tayyip Erdogan a dit ne pas vouloir voir "se répéter la même erreur que celle commise au moment de l’adhésion de la Grèce", un voisin avec lequel la Turquie entretient historiquement des relations compliquées. Il a aussi accusé les deux pays nordiques de servir d’"auberge aux terroristes du PKK", le Parti des travailleurs du Kurdistan, considéré comme une organisation terroriste par Ankara, mais aussi par l’Union européenne et les États-Unis.

Pour certains analystes, la Turquie pourrait chercher à profiter d’un avantage tactique afin d’obtenir une contrepartie de la part des membres de l’Alliance. Ankara souhaite notamment acquérir des avions de combat F-16 américains ainsi que les pièces détachées nécessaires à la maintenance et modernisation des F-16 qu’elle possède déjà.

Le pays avait initialement commandé et versé 1,4 milliard de dollars pour une commande d’avions de combat furtifs F-35, jamais livrés. L’ensemble du contrat avait été gelé par les États-Unis en 2019 après l’achat par la Turquie du système anti-missile russe S-400, perçu comme une menace pour le F-35.

La Finlande et la Suède ne peuvent être admises dans l’Otan qu’après un vote à l’unanimité des membres existants. L’annonce du président turc a jeté un froid sur ce processus appuyé jusqu’ici par la plupart des membres de l’Otan, dont les États-Unis, et par le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, qui s’est dit prêt à accueillir les deux pays nordiques "à bras ouverts".