Ces phrases chocs qui ont marqué les débats présidentiels en France

Alors que Marine Le Pen et Emmanuel Macron s’affrontent ce mercredi 20 avril lors du débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle française de 2022, retour sur ces face-à-face qui ont marqué l’histoire de la télévision. Punchlines garanties.

La Rédaction de L'Avenir
 Le débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle française a été instauré en 1974.
Le débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle française a été instauré en 1974. ©AFP

Instauré en 1974, le débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle française passionne souvent les foules. Et pour cause, c’est l’occasion pour les deux candidats de s’affronter une dernière fois en face-à-face et, pour les téléspectateurs, de confirmer (ou préciser) leur préférence.

Mais plus encore qu’une opposition des idées, le débat de l’entre-deux tours est aussi l’occasion pour le grand public de se délecter de quelques punchlines bien senties.

Retour en images sur quelques-uns de ces moments de télévision devenus historiques.

1974«Vous n’avez pas le monopole du cœur»

Pour son premier débat télévisé entre les deux candidats à la présidence, la France voit s’opposer Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand.

Entre les deux hommes, le duel est très serré. Pourtant, une phrase de Valéry Giscard d’Estaing va rester dans les mémoires: "Vous n’avez pas, Monsieur Mitterrand, le monopole du cœur!" En quelques mots, le futur président de la République remet son adversaire à sa place en assurant que le projet socialiste n’est pas le seul à garantir le progrès social.

1981«Je ne suis pas votre élève»

Sept ans plus tard, l’heure de la revanche a sonné pour François Mitterrand.

Battu d’un rien lors de l’élection présidentielle de 1974, le socialiste, agacé par le ton condescendant de son rival, va tacler Valéry Giscard d’Estaing qui l’interroge sur le cours du mark: "Je ne suis pas votre élève et vous n’êtes pas le président de la République. Ici, vous êtes simplement mon contradicteur." Une sortie d’autant plus réussie que François Mitterrand fournira le chiffre demandé à son rival, sans sourciller.

1988«Vous avez raison, Monsieur le Premier ministre»

C’est sans doute un des échanges les plus célèbres des débats de l’entre-deux tours de la présidentielle française. Président sortant, François Mitterrand fait face à son Premier ministre, Jacques Chirac. Entre les deux hommes, la relation est tendue. Et le ton employé n’est pas toujours respectueux.

"Ce soir, vous n’êtes pas le président de la République. Nous sommes deux candidats, à égalité", note ainsi Jacques Chirac, afin de faire retomber son adversaire de son piédestal. Réponse de François Mitterrand, savoureuse: "Mais vous avez tout à fait raison, Monsieur le Premier ministre!"

2007«Pour être président de la République, il faut garder son calme»

Après deux élections sans réel débat présidentiel - le ton était très courtois entre Lionel Jospin et Jacques Chirac en 1995, et il n’y avait pas eu de débat entre ce dernier et Jean-Marie Le Pen en 2002 -, le duel entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy (2007) a tourné à l’avantage du candidat républicain.

Plutôt que de se montrer violent envers sa rivale, le mari de Carla Bruni a dévoilé une autre facette de sa personnalité, plus calme. Contrairement à Ségolène Royal qui s’emporte sur la scolarisation des enfants handicapés, "Sarko" conserve son sang-froid: "Vous sortez de vos gonds. Pour être président de la République, il faut garder son calme." Démonstration était faite.

2012«Moi, président»

Alors que tout le monde attend Nicolas Sarkozy, c’est François Hollande qui tire profit du débat télévisé de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle 2012.

Face à un président de la République un peu usé, le candidat socialiste réussit un grand numéro en déroulant notamment un long monologue sur le type de président qu’il souhaiterait être. Un tour de force qui participera quelques jours plus tard à sa courte victoire (51,64%) face à "Sarko".

2017«Regardez, ils sont lààà…»

Si certains candidats gagnent en partie la présidence en se montrant excellent orateurs, d’autres se tirent une balle dans le pied. C’est le cas notamment de Marine Le Pen, en 2017.

Lors de la dernière élection présidentielle, la fille de Jean-Marie Le Pen s’était ainsi montrée très virulente envers Emmanuel Macron. Et quand elle n’attaquait pas nommément le futur président de la République, la candidate du FN se perdait dans un discours incompréhensible. À l’instar de cette fameuse sortie sur "les envahisseurs" qui "sont lààà, dans les campagnes, dans les villes".

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