L’ancien judoka Alain Schmitt jugé en appel pour violences conjugales sur Margaux Pinot

Deux visages tuméfiés, et de nombreuses questions. Quatre mois après sa retentissante relaxe en première instance, l’entraîneur de judo Alain Schmitt est jugé vendredi en appel à Paris pour les violences conjugales dont l’accuse la championne olympique Margaux Pinot.

Belga
 Alain Schmitt nie avoir frappé sa compagne Margaux Pinot.
Alain Schmitt nie avoir frappé sa compagne Margaux Pinot. ©AFP

Ce qui apparaissait d’abord comme une classique affaire de violences conjugales dans un domicile du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), jugée tard dans la nuit en comparution immédiate au tribunal de Bobigny, s’est avéré un dossier nettement plus opaque qu’escompté, qui a pris une ampleur médiatique et une coloration sociétale inattendues.

Dans une époque extrêmement sensible au sujet des violences faites aux femmes, la relaxe judiciaire de l’ex-membre de l’équipe de France - qui nie avoir frappé sa compagne -, suivie de la publication parMargaux Pinotd’une photo de sa tête contusionnée dans un cri de rage sur les réseaux sociaux, ont fait scandale en fin d’année dernière. 

Pendant des jours, les ex-amants ont refait de multiples fois le procès par conférences de presse et plateaux télé interposés. Personnalités sportives et politiques, comme Teddy Riner ou Roxana Maracineanu, ont publiquement soutenu la jeune femme de 27 ans, médaille d’or aux derniers Jeux olympiques avec l’équipe de France mixte et soudain propulsée en victime emblématique des violences conjugales impunies.

Or dans cette affaire, les deux protagonistes, qui présentaient chacun de multiples ecchymoses, offrent avec le même aplomb des versions totalement contradictoires des événements de la nuit du 28 novembre 2021.

Alain Schmitt, 43 ans, a-t-il frappé Margaux Pinot à coups de poings en rentrant éméché de soirée, sa compagne n’ayant fait que se défendre, comme elle le dit? Ou bien Margaux Pinot s’est-elle jetée sur lui lors d’une dispute et se sont-ils cognés à travers l’appartement au cours d’un corps à corps alors qu’il essayait de la calmer, comme lui l’affirme?

"Aussi sensible que soit le sujet des violences conjugales, il ne peut conduire à retenir une présomption de culpabilité qui n’est pas prévue par la loi", a considéré le tribunal de Bobigny dans son jugement du 30 novembre consulté par l’AFP, en estimant les preuves insuffisantes pour condamner Alain Schmitt.

Car, selon les juges de première instance, "les éléments objectifs, tout comme les lésions observées sur l’un et sur l’autre, les traces de lutte constatées dans l’appartement" accréditent en effet tout aussi bien le récit de Margaux Pinot que celui du prévenu. Le parquet, qui avait requis une condamnation, a fait appel.