Ukraine: l’UE met en garde contre une "manipulation" de l’information, Zelensky ne "ripostera pas" aux provocations russes

L’Union européenne s’est inquiétée samedi d’une intensification des efforts de manipulation de l’information destinés à servir de prétextes fabriqués de toutes pièces pour justifier une escalade militaire en Ukraine.

Ukraine: l’UE met en garde contre une "manipulation" de l’information, Zelensky ne "ripostera pas" aux provocations russes
Des médias d’Etat russes ont publié des articles invérifiables sur des violences dans l’est de l’Ukraine. ©AFP

"L’Union européenne s’inquiète au plus haut point que des événements mis en scène puissent servir de prétexte à une possible escalade militaire", a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell dans un communiqué.

"Elle observe une intensification des efforts de manipulation de l’information pour soutenir de tels objectifs", a-t-il ajouté.

La mise en garde intervient alors que des médias d’Etat russes ont publié des articles invérifiables sur des violences dans l’est de l’Ukraine, région tenue en partie par des rebelles prorusses.

Les médias russes accusent Kiev de préparer un assaut contre l’enclave rebelle dans les régions du Donetsk et de Lougansk.

"L’UE ne voit aucun fondement aux allégations provenant des zones non-contrôlées par le gouvernement de Donetsk et de Lougansk sur une possible attaque ukrainienne", a ajouté M. Borrell.

Il a défendu le "rôle clé" joué par les observateurs déployés par l’OSCE en Ukraine pour vérifier ce qui se passe sur le terrain, et au passage "salué l’attitude de modération de l’Ukraine face aux provocations continues et aux efforts de déstabilisation".

Les Etats-membres de l’UE et les Etats-Unis sont persuadés que Moscou cherche un prétexte pour attaquer l’Ukraine en se servant d’incidents violents sur le terrain et de la diffusion de fausses informations par des officines alliées.

Pour le président américain Joe Biden, l’invasion de l’Ukraine par la Russie ne serait même qu’une question de jours.

Zelensky ne «veut pas riposter aux provocations» russes

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit samedi soir à son homologue français Emmanuel Macron qu’il ne "riposterait" pas aux "provocations" russes dans l’est de l’Ukraine et restait prêt au "dialogue" avec Moscou.

"Il a dit sa volonté de ne pas riposter aux provocations le long de la ligne de contact" et lui a "confié de dire à Vladimir Poutine la disponibilité de l’Ukraine à dialoguer", a indiqué la présidence française à l’issue de cet entretien de près d’une heure.

Le président français doit s’entretenir dimanche à 11H00 avec son homologue russe dans ce qui constitue "les derniers efforts possibles et nécessaires pour éviter un conflit majeur en Ukraine", a-t-elle ajouté.

"Une action militaire russe contre l’Ukraine porterait la guerre au coeur de l’Europe", a martelé un conseiller présidentiel, en évoquant un risque de conflit "en Ukraine et autour". Il n’y aurait alors "pas d’autre option possible qu’une réaction très forte", a-t-il ajouté.

"La situation est très dangereuse, mais il reste de la place pour la diplomatie", a-t-il poursuivi.

"S’il faut pour cela se déplacer, le président (Macron) se déplacera", a-t-il ajouté, interrogé sur la possibilité qu’il se rende une nouvelle fois à Moscou et Kiev.

L’évolution de la situation reste très difficile à prévoir, a-t-il toutefois insisté, alors que l’Otan anticipe une "attaque complète" de l’Ukraine par la Russie.

"Le président de la République estime que le risque est élevé, constate que le dispositif militaire russe aux frontières de l’Ukraine permet au président Poutine d’envahir l’Ukraine s’il le souhaite. Mais il ne préjuge pas de la décision que Poutine prendra", a souligné l’Elysée.

"Personne ne sait ce qu’il va se passer, personne n’est dans la tête de Poutine", a estimé la présidence française.

Une entrée de troupes russes en Ukraine se traduira pas des sanctions immédiates de la part des Européens et de leurs alliés, a réitéré l’Elysée.

Mais ce scénario de sanctions "massives" ne concernera pas les territoires séparatistes où les Russes sont de facto déjà présents, a-t-elle précisé.

"Les sanctions envisagées par les pays alliés couvrent une hypothèse, l’invasion de l’Ukraine par la Russie, c’est-dire l’entrée de forces russes en Ukraine", a dit l’Elysée.

"Le Donbass, les districts de Donetsk et Lougansk, sont très largement sous contrôle russe", la Russie y est déjà "présente à travers des moyens militaires, techniques, des investissements, du personnel" et fait déjà l’objet de sanctions depuis 2014 pour cela, a noté la présidence française.

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