Scandale dans les maisons de repos Orpea en France: ce qu’il se passe

Des personnes âgées "rationnées", abandonnées dans leurs excréments ou laissées sans soin pendant des jours: le groupe privé de maisons de repos Orpea est secoué par la parution d’un livre-enquête dénonçant l’obsession de la rentabilité au sein du groupe.

Scandale dans les maisons de repos Orpea en France: ce qu’il se passe
Dans un livre-enquête, Victor Castanet décrit de graves dysfonctionnements dans les maisons de repos du groupe Orpea, qui conteste les accusations. ©AFP

1.Graves dysfonctionnements en maison de repos

Le groupe est mis en cause dans le livre "Les Fossoyeurs", du journaliste Victor Castanet, à paraître mercredi chez Fayard, et dont Le Monde a publié lundi les "bonnes feuilles".

Trois couches par jour maximum

L’auteur y décrit un système où les soins d’hygiène, la prise en charge médicale, voire les repas des résidents sont "rationnés" pour améliorer la rentabilité de l’entreprise. Et ce alors que les séjours sont facturés au prix fort, près de 6.500 euros par mois pour une chambre d’entrée de gamme à la résidence "Les Bords de Seine" de Neuilly, pointe ainsi l’auteur.

Une auxiliaire de vie, dont l’auteur a recueilli le témoignage, raconte par exemple à quel point elle devait "se battre pour obtenir des protections" pour les résidents.

Il est arrivé à la moitié de mon enquête qu’un intermédiaire me propose une importante somme d’argent pour me dissuader d’aller au bout, 15 millions

"Nous étions rationnés: c’était trois couches par jour maximum. Et pas une de plus. Peu importe que le résident soit malade, qu’il ait une gastro, qu’il y ait une épidémie. Personne ne voulait rien savoir", raconte cette femme dans "Les Fossoyeurs".

2.Orpea conteste

Orpea conteste ces accusations, qu’il considère "mensongères, outrageantes et préjudiciables".

Tentative de pression?

L’auteur des "Fossoyeurs" a dit avoir "subi" des "pressions" au cours de son enquête: "Il est arrivé à la moitié de mon enquête qu’un intermédiaire me propose une importante somme d’argent pour me dissuader d’aller au bout", "15 millions" d’euros, a-t-il précisé sur France 5.

Dans une déclaration transmise à l’AFP, la direction du groupe Orpea "dément formellement avoir proposé un quelconque montant en échange de la non-parution du livre".

Chute en bourse: -47%

Les révélations de l’ouvrage ont fait chuter le titre Orpea à la Bourse de Paris. Il a encore baissé de 21% mercredi, portant le total de son plongeon à quelque 47% depuis lundi et la publications d’extraits du livre

En France, le groupe privé Orpea gère un réseau de 354 établissements, qui prennent en charge les personnes fragiles et en perte d’autonomie.

3.Une enquête à l’encontre du groupe

"Les révélations faites dans ce livre sont absolument révoltantes, vous avez le ventre noué en lisant des choses pareilles. Et si ces faits sont avérés, ils devront évidemment être sanctionnés avec la plus grande sévérité", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l’issue du Conseil des ministres. "Nos aînés méritent le respect, ils méritent le meilleur, et il est hors de question que de tels agissements puissent être tolérés dans notre pays", a-t-il ajouté.

Le directeur général convoqué

La ministre déléguée chargée de l’Autonomie des personnes âgées, Brigitte Bourguignon, a convoqué le directeur général d’Orpea, Jean-Christophe Romersi, le 1er février pour "répondre" aux "accusations graves".

Cet entretien "sera l’occasion d’entendre les explications du groupe Orpéa sur plusieurs points qui feront l’objet d’enquêtes approfondies par les services de l’Etat", précise-t-elle dans ce courrier.