Conflit en Ukraine: Moscou s’expose à des sanctions sans précédent

Les dirigeants occidentaux ont convenu de répondre d’une seule voix à une éventuelle "attaque" de l’Ukraine par la Russie, en imposant à Moscou des sanctions d’une sévérité sans précédent, a déclaré mardi le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Conflit en Ukraine: Moscou s’expose à des sanctions sans précédent

"Nous avons convenu de répondre à toute attaque de l’Ukraine à l’unisson en imposant des sanctions économiques coordonnées et sévères, plus lourdes que nous n’ayons jamais décidées auparavant contre la Russie", a indiqué Johnson, informant les députés britanniques à la suite d’une visioconférence lundi soir entre les États-Unis et leurs alliés européens.

La Russie a déployé ces derniers mois des dizaines de milliers de soldats aux frontières de l'Ukraine, faisant craindre une invasion. Si Moscou nie tout projet en ce sens, le Kremlin insiste sur des garanties écrites pour sa sécurité, y compris sur la promesse que Kiev n'intégrera pas l'Otan.

"Je pense que toutes les craintes de la Russie peuvent être apaisées, et que nous pourrions trouver une voie vers la sécurité mutuelle via une diplomatie patiente et fondée sur des principes, pour autant que le président Poutine évite le piège de lancer une terrible guerre", a estimé Boris Johnson.

"Mais si le président Poutine venait à choisir la voie de l’effusion de sang et de la destruction, il doit se rendre compte que cela sera à la fois tragique et inutile", a-t-il poursuivi, prévenant que "la résistance serait féroce" même s’il s’emparait de plus petites portions du territoire ukrainien.

Si le président Poutine venait à choisir la voie de l’effusion de sang et de la destruction, il doit se rendre compte que cela sera à la fois tragique et inutile

"Nous ne pouvons tourner le dos à la vision d’une Europe entière et libre" érigée à la fin de la Guerre froide en 1989 "parce que la Russie a placé un pistolet sur la tempe de l’Ukraine", a-t-il ajouté, excluant toutefois "à court terme" l’envoi de troupes de combat de l’Otan dans le pays.

Russes et Occidentaux n’ont cessé ces dernières semaines de s’accuser de nourrir la crise, au risque de provoquer un conflit d’ampleur. Des efforts diplomatiques se poursuivent cependant même si les résultats manquent.

La ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, a estimé au Parlement qu’une nouvelle incursion militaire russe constituerait "une erreur stratégique massive" qui s’accompagnerait d’un "coût sévère pour l’économie russe, notamment des sanctions coordonnées".

Elle a précisé qu’elle comptait se rendre en Ukraine la semaine prochaine.

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