Kim Jones, styliste de Dior: "vous seriez tué" pour des tenues mode dans certains pays

Si le styliste britannique Kim Jones s’inspire des pièces féminines emblématiques de Christian Dior pour sa collection homme, présentée vendredi à Paris, il admet que porter de telles tenues pourrait mettre en danger dans certains pays.

Kim Jones, styliste de Dior: "vous seriez tué" pour des tenues mode dans certains pays

"Nous vivons dans des villes et elles sont incroyablement ouvertes, mais dès qu’on les quitte, ce n’est pas la même chose", a déclaré Kim Jones à l’AFP en présentant sa dernière collection, qui a défilé dans le jardin des Tuileries dans le cadre de la semaine du prêt-à-porter homme à Paris.

"Il y a 40 pays dans le monde où, si vous étiez habillé comme ça, vous seriez tué", poursuit le créateur, directeur artistique des collections homme chez Dior, qui en 2020 avait remplacé Karl Lagerfeld dans la maison Fendi où il est en charge des collections féminines.

Pull brodé de fleurs en soie

La pièce centrale de sa collection est la "veste bar" masculinisée. Cette silhouette en sablier, sensuelle et ultraféminine, est emblématique du New Look imaginé par Christian Dior en 1947.

"C’est un hommage au fondateur, mais conçu de manière masculine. Elle n’a rien de vieux, ni de théâtral. Ce sont des vestes cool et modernes qui donnent une allure fière et flattent un jeune homme", souligne Kim Jones.

Dans cette collection, "vous voyez tout ce que Dior représente: la veste bar, les broderies, le léopard, les carreaux prince de Galles. Un pantalon de jardinage car évidemment Christian Dior adorait jardiner", souligne Kim Jones.

"C’est très Dior, tout simplement!".

Le gris dans une multitudes de nuances domine la palette.

"Les couleurs sont très parisiennes et très Dior, ce sont aussi mes couleurs préférées", dit le styliste portant un sweat à capuche et un pantalon décontracté gris.

Mocassins sertis de cristaux, boucles d’oreille ou un pull blanc brodé de perles et de fleurs en soie découpées à la main, très "Miss Dior": les touches "féminines" sont omniprésentes.

Coincé dans les années 40

C’est une chose banale pour une Fashion Week, où la mode homme s’affranchit des carcans de la virilité à l’ancienne et où l’esthétique "non-genrée" est revendiquée par la plupart des maisons.

Londres a renoncé à la distinction des semaines de la mode homme/femme et si Paris la maintient officiellement, la plupart des marques présentent les collections mixtes.

Mais pour Kim Jones, 42 ans, il y a encore un long chemin à parcourir.

Enfant, lui-même a beaucoup voyagé avec son père géologue. "J’ai de la chance, j’ai grandi partout dans le monde donc j’ai tout vu et je comprends qu’on vit dans une bulle".

"Une chose que je découvre maintenant que je fais des vêtements pour femmes, c’est à quel point les vêtements pour hommes sont limités. Le vestiaire masculin n’a pas beaucoup changé depuis les années 1940", assure le designer.

Pourtant les gens ont changé leur mode de vie et cherchent "de la facilité et de la légèreté": "Je le vois à travers les ventes, en parlant aux clients".

Il considère que sa priorité actuelle -avec le monde toujours embourbé dans la pandémie- est de créer des pièces chic, faciles à porter.

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