Migrants mineurs: Zemmour condamné à 10.000 euros d’amende pour provocation à la haine, il fait appel

Le candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle Eric Zemmour a été condamné lundi à 10.000 euros d’amende pour provocation à la haine pour des propos sur les mineurs migrants isolés, un jugement dont son avocat a annoncé qu’il ferait appel.

Migrants mineurs: Zemmour condamné à 10.000 euros d’amende pour provocation à la haine, il fait appel

Absent pour le jugement comme lors du procès en novembre dernier, cet habitué des procédures judiciaires a immédiatement dénoncé "une condamnation idéologique et stupide".

Il était jugé pour avoir qualifié les migrants mineurs isolés de "voleurs", "assassins", "violeurs" sur la chaîne CNews en 2020.

Il a été condamné à une peine de 100 jours-amende à 100 euros, soit 10.000 euros d’amende, avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement.

L’avocat de l’ancien journaliste, Me Olivier Pardo, a annoncé qu’il allait faire appel du jugement du tribunal correctionnel de Paris.

Eric Zemmour a, lui, dénoncé "une condamnation idéologique et stupide."

"À l’occasion de ce procès, une dizaine d’associations antiracistes et une vingtaine de conseils départementaux, essentiellement de gauche, se sont constitués partie civile à moins de trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, et le tribunal s’est empressé de satisfaire à leurs caprices. C’est la condamnation d’un esprit libre par un système judiciaire envahi par les idéologues", a dénoncé le candidat dans un communiqué, estimant qu’il était "urgent de chasser l’idéologie des tribunaux".

«C’est une décision importante»

"C’est une décision importante car derrière ce projet médiatique, il y a un projet politique, un projet de haine qui tend à stigmatiser les personnes en raison de leur origine, de leur confession, de leur race", a réagi après la condamnation Arié Alimi, avocat de la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

Une trentaine d’associations s’étaient constituées parties civiles, dont SOS Racisme, la LDH et la Licra, ainsi qu’une vingtaine de conseils départementaux - les mineurs non accompagnés étant pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, gérée par les départements.

"Les mineur.e.s étranger.e.s isolé.e.s qui viennent demander protection en France, ainsi que toutes celles et ceux qui travaillent du mieux possible à leur offrir, ne sont pas et ne seront jamais les boucs émissaires utiles d’une quelconque ambition présidentielle", a réagi Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

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