Le naufrage du Costa Concordia, c’était il y a 10 ans en Italie: comment la "croisière de la mort" a viré à la catastrophe (vidéo)

Le 13 janvier 2012, le Costa Concordia, avec Francesco Schettino – l’homme "le plus détesté d’Italie" – aux commandes, faisait naufrage le long de l’île de Giglio, au sud de la Toscane (Italie). Un événement tragique qui a coûté la vie à 32 personnes.

R.I.

Il aura fallu près de trois ans pour retrouver le corps de la dernière victime du naufrage du Costa Concordia: Russel Rebello, un serveur indien qui travaillait sur le paquebot de croisière.

Le 13 janvier 2012, le navire de la compagnie italienne heurtait un récif au large de l’île de Giglio, en Italie. En cause: une manœuvre ratée du capitaine Francesco Schettino, qui a provoqué le naufrage du navire.

Pour cela, le capitaine, qui a toujours tenté de minimiser ses erreurs, a été condamné à 16 ans de prison en Italie. Un jugement confirmé par la Cour de cassation en 2017.

On revient en images sur ce qui a provoqué cette catastrophe maritime, qui a coûté la vie à 32 personnes.

Le Costa Concordia: un hôtel de luxe flottant, maudit dès le départ

Le navire, inauguré en 2006 par la société italienne Costa, était le luxe incarné: 1.500 cabines, avec plusieurs suites; 5 restaurants; 13 bars; 4 piscines et 5 jacuzzis; des thermes; un théâtre; un casino; une discothèque; et bien d’autres attractions pour passer le temps sur le bateau.

 Le Costa Concordia, peu avant le naufrage.
Le Costa Concordia, peu avant le naufrage. ©ÉdA

Il était à l’époque le plus gros navire italien jamais construit, 290 mètres de long, 38 mètres de large, pouvant accueillir jusqu’à 3.780 passagers et 1.100 membres d’équipage.

Annonce d'un destin funeste: lors de son inauguration, la traditionnelle bouteille de champagne ne s'était pas brisée sur la coque du bateau. C'était le cas également du Titanic, qui s'est, lui aussi, échoué 100 ans plus tôt.

Le 13 janvier 2012, le Costa Concordia – qui réalisait une croisière hebdomadaire de 7 jours en Méditerranée – accueillait 4.231 personnes à son bord: 3.208 passagers et 1.023 membres d’équipage. Des touristes en majorité allemands, italiens et français.

Une «révérence» mal gérée

Le navire quitte, le soir du 13 janvier 2012 vers 19h, le port de Civitavecchia, au nord de Rome. Il remonte vers l’île de Giglio, au large de la Toscane.

Le capitaine Francesco Schettino décide alors de faire une "révérence", c’est-à-dire de raser les côtes pour saluer les habitants.

Une initiative personnelle risquée. "Même si nous étions assises à table lors du passage dans la zone de l'île où le naufrage s'est produit, on n'est pas passé aussi près des côtes. Nous étions bien en pleine mer", témoignait Francine Benit, une habitante de Dottignies qui avait participé à une croisière sur le Costa Concordia quelques semaines avant le drame, dans nos colonnes en 2012.

Mais pendant cette manœuvre, le navire heurte violemment un récif et la coque est fissurée sur plus de 70 mètres. Un rocher reste même encastré.

L’eau s’engouffre directement dans les cales du bateau alors que beaucoup de passagers sont en train de dîner. Après le choc, ils sont plongés dans le noir et une certaine panique s’installe.

Une évacuation lente et chahutée

Les membres de l'équipage annoncent alors une simple panne électrique aux passagers, qui ne se rendent pas compte de l'ampleur du désastre. "Il n'y a aucune raison de paniquer. Nos techniciens tentent de résoudre le problème", peut-on entendre en plusieurs langues dans les haut-parleurs.

C'est aussi la version de l'officier de bord, qui indique d'abord au garde-côtes qu'il s'agit "d'une panne de courant à bord".

 Le bateau était petit à petit en train de sombrer.
Le bateau était petit à petit en train de sombrer. ©AFP

En réalité, le bateau de 114.000 tonnes est en train de sombrer. Il penchait de 20 degrés environ peu après le choc. Il a fait un demi-tour le long des côtes avant de s’échouer près du port.

Il a continué de s’incliner, jusqu’à 80 degrés, avant de s’immobiliser à 50 mètres du rivage.

L’évacuation est ordonnée entre 1h et 1h30 après le choc, mais le personnel est totalement dépassé par les événements et des bagarres éclatent entre les passagers, qui veulent rejoindre au plus vite les canots de sauvetage.

Certaines chaloupes sont inaccessibles. Des passagers paniqués tentent le tout pour le tout et rejoignent le rivage à la nage. D’autres restent bloqués.

Le capitaine abandonne le navire, le bilan est lourd

Alors que l’évacuation se poursuit, le capitaine Francesco Schettino a déjà quitté le navire à bord d’un canot de sauvetage.

La capitainerie du port de Livourne lui ordonne de remonter à bord du bateau afin de piloter les opérations de sauvetage. " Remontez à bord, bordel de merde ! ", lui crie-t-on.

Mais réfugié sur un rocher, le commandant Schettino ne remontera jamais sur le Costa Concordia.

Cela lui a valu les surnoms de "capitaine couard", d’"homme le plus détesté d’Italie". Schettino a été condamné à 16 ans de prison pour homicides, abandon de navire et naufrage. La compagnie Costa a également été condamnée à une amnde d’un million€.

Car le bilan humain est lourd: 32 personnes sont décédées.