Le procès de l’explosion du vol MH17 ajourné jusqu’au 23 mars

Le tribunal de Schiphol a ajourné mardi le procès des quatre hommes poursuivis pour l’explosion du vol MH17 en Ukraine jusqu’au 23 mars. Le tribunal néerlandais doit se pencher sur une série de requêtes et se prononcera ce jour-là. Le procès reprendra alors le 8 juin, comme prévu initialement.

Le procès de l’explosion du vol MH17 ajourné jusqu’au 23 mars

Le tribunal avait prévu une semaine complète d’audiences mais, en deux jours, toutes les parties se sont déjà exprimées. De nombreux journalistes et observateurs ont assisté aux débats lundi, premier jour de la session. Mardi, l’intérêt s’amenuisait déjà.

Les Russes Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov, ainsi que l’Ukrainien Leonid Khartchenko, quatre hauts gradés des séparatistes pro-russes de l’est de l’Ukraine, sont poursuivis par le parquet néerlandais pour meurtres, ainsi que pour avoir délibérément causé le crash du vol MH17. Le Boeing 777 de la compagnie Malaysian Airlines était parti d’Amsterdam pour Kuala Lumpur le 17 juillet 2014 et avait été touché en plein vol par un missile BUK, de conception soviétique, au-dessus de la zone de conflit armé avec les séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine. Les 298 personnes à son bord, parmi lesquelles 196 Néerlandais, avaient été tuées.

Les quatre premiers suspects inculpés sont accusés d’avoir convoyé le système de missiles anti-aériens BUK, avant que celui-ci soit tiré par d’autres personnes encore non identifiées.

Le procès des quatre hommes s’est ouvert lundi en leur absence. Doubinski, Guirkine et Khartchenko seront jugés par contumace, tandis que Poulatov a choisi d’être représenté par une avocate néerlandaise, Me Sabine ten Doesschate. Ils encourent la perpétuité.

Le ministère public a formulé une série de requêtes et demande, entre autres, que le tribunal examine la reconstruction de l’avion abattu. Les débris du Boeing 777 ont été transférés aux Pays-Bas il y a environ cinq ans et assemblés dans un hangar de la base aérienne de Gilze-Rijen.

De leur côté, les avocats Boudewijn van Eijck et Sabine ten Doesschate ont pris connaissance du dossier il y a quelques semaines à peine et estiment qu’ils pâtissent d’un «retard considérable dans la connaissance» des 36.000 pages du dossier. Les conseils avaient déjà demandé un délai jusqu’au mois de juin pour se mettre à jour. Le ministère public collabore, lui, depuis plusieurs années avec une équipe internationale, ce qui lui donne une longueur d’avance en matière d’information sur l’affaire.

Quant aux parties civiles, les neuf avocats des familles des victimes ont demandé au tribunal de leur donner accès aux pièces du dossier. La divulgation de certains éléments par des parents de victimes est une crainte non fondée du ministère public, ont insisté les conseils. «Ils n’ont aucun intérêt à le faire», a souligné Me Arlette Schijns.

Le parquet estime pour sa part que les intérêts des proches des victimes seront mieux servis si les pièces du dossier sont d’abord réservées au tribunal.

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