Ultimes concessions mais pessimisme de mise avant un nouveau vote sur le Brexit

L’Union européenne ne se fait pas beaucoup d’illusions avant le vote du Parlement britannique mardi sur l’accord de Brexit, malgré d’ultimes concessions la veille à Theresa May.

Ultimes concessions mais pessimisme de mise avant un nouveau vote sur le Brexit

«Si cela ne fonctionne pas aujourd’hui, ce sera très compliqué», a prévenu un diplomate européen. «C’est la dernière cartouche qui a été tirée», a-t-il prévenu.

Malgré les nouvelles garanties offertes lundi soir par les Européens à Theresa May, «il y a 30% de chances que l’accord soit approuvé» par le Parlement britannique, a estimé mardi un haut responsable européen impliqué dans les négociations avec Londres.

«Ça va se jouer sur le fil», a prédit de son côté le représentant d’un État membre, mais «le rapport des forces ne joue pas en faveur d’une approbation».

La Première ministre britannique «sait qu’elle va perdre les suffrages des brexiters de son parti, mais elle assure qu’elle va pouvoir les regagner ailleurs», a expliqué ce diplomate. De leur côté, «les 27 sont méfiants, car ils ont déjà entendu de telles assurances et ont été à chaque fois déçus».

L’avis de l’attorney général Geoffrey Cox, qui conseille juridiquement le gouvernement, pourrait être décisif. Brexiter convaincu, sa position a donné les arguments pour le premier rejet de l’accord de divorce par les élus britanniques le 15 janvier. Geoffrey Cox a été associé aux pourparlers sur les garanties obtenues lundi, mais il n’était pas présent à Strasbourg. Il rendra son avis mardi avant le vote, a annoncé Theresa May.

«Beaucoup de députés attendent un prétexte pour pouvoir dire oui à l’accord. Mais il y a en d’autres qui seront de toute manière toujours contre», a confié à l’AFP un autre responsable impliqué dans les négociations avec Londres.

Appel au vote «contre»

Jeremy Corbyn, le chef du Labour, premier parti d’opposition, a appelé lundi soir les élus travaillistes à voter contre l’accord malgré les assurances obtenues lundi soir par Theresa May.

«L’accord annoncé ce soir avec la Commission européenne ne contient rien qui ressemble aux changements promis au parlement par Theresa May», a-t-il affirmé dans un communiqué.

Les partenaires du Royaume-Uni ne cachent plus leur irritation. «Il n’y aura pas de troisième chance», a averti lundi soir le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker après sa réunion à Strasbourg avec Theresa May.

«Il n’y aura pas d’interprétation de l’interprétation, pas d’assurance sur l’assurance si le vote échoue», a-t-il averti. «Il n’y aura pas de nouvelle négociation. Nous avons eu assez de difficultés», a-t-il insisté, se faisant le porte-parole de la fermeté des dirigeants des 27 pays de l’UE.

«Il n’y aura pas de négociations durant le sommet européen des 21 et 22 mars», ont mis en garde des représentants de plusieurs États membres.